Nicolas Sarkozy réveille «l'autre politique»

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Jeudi 12 novembre à La Chapelle-en-Vercors (Drôme), Nicolas Sarkozy a apporté «sa contribution» au débat sur l'identité nationale lancé par son ministre de l'immigration, Eric Besson. Le chef de l'Etat a prononcé un discours de combat, tout à la gloire d'une France éternelle et d'une République idéale, sans un mot pour l'Europe et l'ailleurs. Comme aux plus beaux jours de la campagne de 2007 quand il s'agissait de draguer sur les terres du Front national. Comme au temps de l'«autre politique» portée dans les années 1990 par le trio Pasqua-Séguin-Chevènement.

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Jamais Nicolas Sarkozy n'avait été aussi loin dans la veine du discours national et républicain, dans l'exaltation «du génie de notre peuple» et «du miracle français», dans l'affirmation presque chauvine d'un dessein collectif qui dépasserait chacun de ses membres. Même aux grandes heures de sa campagne présidentielle de 2007 et sa proposition d'une «fierté française». Jeudi 12 novembre, depuis La Chapelle-en-Vercors (Drôme), où il a décidé d'apporter sa contribution au débat sur l'identité nationale, le Président a sorti le grand jeu. Tout y est passé. De la nation – «qui est un principe spirituel» – au Français – «qui reconnaît d'instinct un paysage français et qui s'y sent bien» –, des grandes banques – «qui étaient internationales quand tout allait bien mais qui sont redevenues nationales quand il a fallu les sauver» – à «l'âme de la France» – ses grands hommes, ses héros –, des valeurs de la République au retour de l'Etat dans l'économie et la liste des «renoncements» devant tout ce qui mine la fierté nationale et le sentiment d'appartenance... Un genre de fantasia.