Renvoi du procès de quatre vandales des bureaux de Griveaux

Par
Quatre auteurs présumés de l'intrusion dans les locaux du porte-parole du gouvernement, Benjamin Griveaux, le 5 janvier, lors de manifestations de "Gilets jaunes", ont été présentés jeudi en comparution immédiate au tribunal correctionnel de Paris qui a décidé de renvoyer leur procès.
Cet article est en accès libre. Découvrez notre offre spéciale ! S'abonner

PARIS (Reuters) - Quatre auteurs présumés de l'intrusion dans les locaux du porte-parole du gouvernement, Benjamin Griveaux, le 5 janvier, lors de manifestations de "Gilets jaunes", ont été présentés jeudi en comparution immédiate au tribunal correctionnel de Paris qui a décidé de renvoyer leur procès.

Ces trois hommes de 22 à 35 ans et cette femme de 46 ans, poursuivis pour vol d'un engin élévateur, dégradation et destruction de biens en réunion, arrêtés mardi, souhaitaient être jugés sur-le-champ. Mais le président du tribunal et le procureur ont jugé le dossier trop volumineux.

L'un des plus jeunes des quatre, Romain M., 23 ans, est le conducteur de l'engin qui a défoncé le portail de l'hôtel particulier où sont hébergés les bureaux de Benjamin Griveaux et a fini sa course dans la devanture d'une agence bancaire.

L'intrusion du 5 janvier a ému les responsables politiques de tous bords et reste un symbole des débordements des "Gilets jaunes", comme les coups infligés à des gendarmes le même jour par l'ex-boxeur Christophe Dettinger, condamné mercredi à un an de prison ferme aménageable en semi-liberté.

Mais le profil des quatre prévenus est très éloigné de l'image d'activistes d'ultra-gauche qui leur a été collée.

"Cela ne correspond pas du tout à leur profil. Ce sont des gens qui ne sont absolument pas connus comme des gens d'ultra-gauche (...) Aucun lien, même, allégués par les enquêteurs, rien", a dit à la presse un de leurs avocats, Me Martin Machin.

"IL A TOUT RECONNU"

"On a fait monter en mayonnaise ce dossier", a pour sa part dit à l'audience l'avocat de Romain M., Manuel Abitbol, qui a dénoncé une triple pression, médiatique, populaire et politique.

"Il a tout reconnu, il a conduit le chariot élévateur mais quand un 'Gilet jaune' lui a désigné la porte, il ne savait pas que c'était la porte d'un ministère", a souligné l'avocat, selon qui le jeune homme n'est même pas entré dans l'enceinte.

Le procureur a demandé la détention provisoire pour les trois hommes et un strict contrôle judiciaire pour Sylvie B.

Les avocats des trois hommes ont plaidé pour que leurs clients bénéficient du même régime et ne soient pas envoyés en prison en attendant le procès.

Selon l'avocat de Sylvie B., Eduardo Mariotti, cette dernière a seulement filmé la scène avec son téléphone portable.

Le 5 janvier, Benjamin Griveaux, avait été évacué de son bureau après l'irruption d'une quinzaine de personnes, certaines vêtues de noir, d'autres avec un gilet jaune, dans la cour du bâtiment. Des voitures, dans la cour, avaient été vandalisées mais les manifestants n'étaient pas entrés dans les bureaux.

Vendredi, c'est une figure médiatique des "Gilets jaunes", Eric Drouet, qui doit à son tour comparaître pour organisation de manifestation non déclarée.

Prolongez la lecture de Mediapart Accès illimité au Journal contribution libre au Club Profitez de notre offre spéciale