À Vintimille (Italie), le sous-sol de l’église San Antonio, qui accueille les migrants les plus vulnérables – mineurs non accompagnés, familles et femmes seules –, ressemble à un refuge d’éclopés. Ce lundi 14 novembre 2016, un groupe de jeunes filles érythréennes tue le temps en plaisantant autour de la station de recharge de leurs portables. Âgées de 14 à 22 ans, beaucoup se sont blessées aux pieds ou aux jambes en tentant de passer en France de nuit ou en fuyant la police française. Ruth, une Érythréenne de 22 ans aux longues tresses fines, apporte du dortoir ses baskets en toile lacérées par la police française, selon elle, après son interpellation dans le train, quelques jours auparavant. « Ils m’ont dit que, si je revenais, ils me couperaient les cheveux et les garderaient », explique, en anglais, la jeune femme. Blessée au pied gauche en cheminant sur la voie ferrée, elle est pour l’instant bloquée à Vintimille. « Je veux retenter, mais comment ? »