Ces derniers mois, Ségolène Royal disait en privé qu’elle n’allait pas aller « s’emmerder avec les ambassadeurs ». Mais aussi, parce qu’elle est très sûre de sa propre valeur (et sait brouiller les pistes), qu’elle « pouvait tout faire ». Finalement, lors du dernier remaniement, le Quai d’Orsay est revenu à l’ancien premier ministre Jean-Marc Ayrault. La numéro trois du gouvernement est restée à son poste. Les ambassadeurs en ont eu des suées. « Elle au Quai ? Non, non, c’est l’accident assuré », s’inquiétait récemment un diplomate.

De ce remaniement en forme de replâtrage, Ségolène Royal, 63 ans – dont 35 de politique – sort pourtant renforcée. François Hollande ne l'a certes pas promue. Mais avec le départ de Laurent Fabius du Quai d'Orsay vers la présidence du Conseil Constitutionnel, elle se voit enfin confier les « relations internationales sur le climat ». Et mercredi 17 février, Royal a annoncé elle-même qu'elle présiderait jusqu'en novembre prochain la COP21, à laquelle Fabius a dû renoncer. Royal gagne une secrétaire d’État: la députée Barbara Pompili, ancienne d'EELV qui prend en main le dossier de la biodiversité. Le discret socialiste Alain Vidalies, chargé des transports sous l’autorité de Royal depuis deux ans, est maintenu. À lui de gérer des dossiers piégés (Air France, SNCF, SNCM, etc.) dont la ministre se désintéresse au quotidien.