Jalil est menotté: «On vient te chercher pour l’aéroport, prépare-toi»

Par Olivier Bertrand

Comment vit-on en centre de rétention, où la France place les étrangers qu’elle veut expulser ? Mediapart entreprend une série exceptionnelle sur celui de Marseille : conditions de vie, violence, rôle des juges, des policiers ou des médecins… Dans ce premier article, Jalil, jeune Afghan, découvre soudain l’enfermement.

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Marseille (Bouches-du-Rhône), correspondance.– Jalil se tient très droit devant la juge. Son français maîtrisé, son élocution claire, tranchent avec les regards désorientés qu'il jette vers les policiers chargés de surveiller la petite salle d'audience quasi déserte. La magistrate, juge des libertés et de la détention, doit décider si elle prolonge ou non son séjour dans le centre de rétention de Marseille. Il est Afghan, il a 25 ans. « Pourquoi avez-vous quitté votre pays, demande-t-elle. Vous n'avez pas de la famille là-bas ? »