Quand les socialistes faisaient le carré autour de Tapie

Par
L'affaire Tapie fonctionne comment un révélateur. On y découvre les graves dysfonctionnements de l'Etat, mais aussi l'apathie du principal parti d'opposition, le parti socialiste, qui a tardé à demander une commission d'enquête parlementaire. Pour beaucoup de socialistes, le souvenir est de fait fâcheux: en décembre 1993, tous les socialistes, unanimes, avaient voté contre la levée de l'immunité parlementaire de l'ex-hommes d'affaires, sur lequel la justice enquêtait.

La lecture des articles est réservée aux abonnés.

C'est l'intérêt majeur de l'affaire Tapie : par-delà les tribulations de l'ex-homme d'affaires, qui fascinent la presse à sensation mais qui n'ont en vérité guère d'intérêt, elle agit comme un révélateur extrêmement puissant. Un révélateur, d'abord, des graves dysfonctionnements de l'Etat qui, en violation de tous les principes de droit public, a accepté de suspendre une procédure judiciaire ordinaire qui, après un arrêt de la Cour de cassation, tournait clairement à son avantage, au profit d'une justice privée qui a finalement alloué à Bernard Tapie 390 millions d'euros de dédommagements, prélevés sur fonds publics. Mais un révélateur aussi – ce n'est pas le point saillant de l'histoire, mais il mérite tout de même un temps d'arrêt – du comportement de l'opposition : de la mollesse des uns, ou de la pugnacité des autres...