Loin des clichés, des femmes victimes de violences dans les beaux quartiers

Par Laurène Daycard

Les violences conjugales touchent tous les milieux sociaux, mais la parole de certaines victimes est rare. Léa, Louise, Élizabeth et Joséphine ont longtemps évolué avec aisance dans les quartiers chics de l’ouest parisien, jusqu’à ce qu’elles décident de fuir.

La lecture des articles est réservée aux abonnés.

Pendant deux décennies, Léa s’est réveillée sans jamais trop savoir si elle allait incarner pour le reste de la journée une princesse ou une salope. Tout dépendait, raconte-t-elle, de l’humeur de son mari, dirigeant d’une société de conseils en investissements. Ce dernier pouvait la porter aux nues, de préférence en société. Ou la priver de sa carte bleue, après l’avoir traitée de « parasite », de « grosse vache » et d’autres « mots qui blessent tous les jours », se souvient cette ancienne cadre. « Je ne comprenais rien à ces sautes d’humeur, alors je lui cherchais des excuses, comme le stress, persuadée que tout pouvait s’arranger. » Son mari a depuis été condamné par la justice.