Rachida Dati fait la chasse au logement social

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L'ancienne ministre de la justice de Nicolas Sarkozy fait tout pour empêcher la construction de logements sociaux dans le très chic VIIe arrondissement de Paris dont elle est la maire.
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Son arrondissement est un des plus huppés de Paris et Rachida Dati, maire du VIIe, n'a pas envie que cela change. En début de semaine, elle a vivement combattu le nouveau Programme local de l'habitat (PLH), examiné par le conseil de Paris, et qui fixe pour 2011-2016 les objectifs de la capitale en matière de logements, notamment celui d'aboutir à 20% de logement sociaux en 2014. Un seuil fixé par la loi et que les communes doivent atteindre d'ici 2020, sous peine de sanctions.

C'est beaucoup trop pour l'ancienne garde des Sceaux, dont l'arrondissement s'étend au pied de la tour Eiffel et détient le record de France de l'impôt de solidarité sur la fortune (ISF), avec un patrimoine moyen déclaré en 2009 de plus de 3,3 millions d'euros au titre de cet impôt, et plus de 7.000 redevables (selon Bercy). Il détient également la palme du plus faible taux de logements sociaux de toute la capitale, avec un pourcentage de 1,2%, talonné par trois arrondissements voisins, le VIIIe (2%), le VIe (2,5%) et le XVIe (2,5%), d'après des chiffres communiqués par la mairie de Paris. Dans la capitale, où le manque de logements est particulièrement patent, l'écrasante majorité des logements sociaux sont en fait concentrés dans le nord et l'est de Paris, avec près de la moitié dans trois seuls arrondissements. Une situation récemment dénoncée dans un rapport de la Chambre régionale des comptes d'Île-de-France (voir ici).

Mais la droite UMP fait de la résistance quasi systématique aux tentatives de rééquilibrer l'effort de logement dans la capitale. Lundi 15 novembre, Rachida Dati a ainsi déposé pas moins de cinq amendements (consultables ici, dans la section 8e commission) pour limiter la construction d'habitat social dans son arrondissement. Elle a notamment – et très sérieusement – proposé que «les logements sociaux mobilisables dans le VIIe arrondissement seront attribués exclusivement aux personnes inscrites sur le fichier des demandeurs de logements sociaux habitant le VIIe arrondissement». «Pensez-y, on ne sait quel tremblement de terre risquerait d'advenir si un habitant du XVIIIe arrondissement posait un pied sur le sol du VIIe, ironise Ian Brossat, président du groupe communiste/Parti de gauche à la mairie de Paris. Quelle créativité, quelle ingéniosité, quelle inventivité lorsqu'il s'agit d'éviter que le logement social s'installe sur son territoire!»

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