A Lille, le suicide de Fouad, lycéenne transgenre, secoue l’institution scolaire

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Mercredi 16 décembre, Fouad, jeune lycéenne trans de 17 ans, s’est donné la mort. Quelques jours plus tôt, l’administration lui refusait l’accès de la classe parce qu’elle portait une jupe. Devant le lycée Fénelon, l’émotion est forte et l’urgence est à la protection des jeunes LGBT, y compris au sein de l’école. L’Éducation nationale, elle, a beaucoup de retard théorique à rattraper sur le sujet. Entretiens avec des lycéens mobilisés, et explication d’une déconnexion sociétale.

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Devant son lycée, où les drapeaux sont en berne, Annabelle relit les derniers messages échangés avec Fouad. De son index rougi par les basses températures du Nord, Annabelle remonte les dizaines de notes vocales, de photos, de mots de soutien que contient leur discussion sur la messagerie privée d’Instagram. « Ça fait bizarre de relire tout ça », chuchote-t-il. Depuis son arrivée à la mi-septembre au lycée Fénelon de Lille, Fouad semblait avoir trouvé un semblable en Annabelle. Fouad se genrait au féminin, aimait porter des barrettes bariolées, des boucles d’oreilles, du maquillage et puis, un jour, elle osa la jupe au lycée. L’adolescente était au début de son parcours de transition, et préférait qu’on l’appelle par son prénom de naissance jusqu’à ce qu’elle en adopte un nouveau. Elle hésitait entre Luna et Avril.