France Enquête

Fin de règne pour le patron de « Paris Match » et du « JDD »

Hervé Gattegno sera remplacé vendredi à la tête des deux journaux. Le « JDD » et « Paris Match » traversent une crise éditoriale et sociale sans précédent, accentuée par les révélations sur la manipulation de la rétractation de Ziad Takieddine dans l’affaire libyenne.

Antton Rouget

19 octobre 2021 à 12h31

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Le groupe Lagardère a annoncé, mardi 19 octobre, le départ vendredi prochain de Hervé Gattegno de la tête du JDD et de Paris-Match.

La nouvelle direction des deux rédactions sera annoncée dans les prochains jours, a précisé le groupe dans un communiqué, sans préciser les raisons du départ de M. Gattegno, âgé de 57 ans, « au service du groupe depuis cinq ans »« Sous son impulsion, le JDD est devenu un journal de référence dont les informations marquent chaque fin de semaine, apprécié des décideurs et des leaders d’opinion », écrit le groupe Lagardère, au sein duquel Vincent Bolloré ne cesse d’étendre son influence.

La réalité est cependant tout autre. En juin dernier, la Société des journalistes et des syndicats avaient fait état d’un « profond malaise » au sein de la rédaction de Paris Match, depuis la mise en examen de la figure de la presse people « Mimi » Marchand, en lien avec une interview de l’homme d’affaires Ziad Takkiedine publiée dans le journal.

Nous republions l’enquête que nous avions publiée le 26 juin dernier.

*

Un directeur, deux rédactions et un même chaos. Dirigés par le journaliste Hervé Gattegno, les deux titres de presse phares du groupe Lagardère, Paris Match et Le Journal du dimanche (JDD), traversent une crise éditoriale et sociale sans précédent.

Cette crise, qui germe depuis plusieurs mois déjà, éclate en pleine réorganisation de la filiale Lagardère News, et alors que les équipes d’un autre média du groupe, la radio Europe 1, ont mené une grève contre le management autoritaire et la reprise en main de la rédaction par Vincent Bolloré. Ce dernier, après avoir dévoré Canal+, ne cesse de grignoter des parts de marché chez Lagardère.

Depuis plusieurs mois, de nombreux journalistes du JDD et de Paris Match s’inquiètent, eux, du traitement éditorial de plusieurs affaires sensibles, à commencer par les déboires judiciaires de l’ancien président Nicolas Sarkozy, membre du conseil de surveillance de Lagardère.

Ces protestations sont devenues plus intenses encore depuis la mise en scène, fin 2020, dans Paris Match, de la fausse rétractation de l’intermédiaire Ziad Takieddine. Ce dernier a soudainement fourni un témoignage épargnant Nicolas Sarkozy dans le dossier des financements libyens, au terme d’une opération à laquelle a notamment participé la papesse de la presse people « Mimi » Marchand.

S’ajoute à cela un management des rédactions fortement décrié en interne et qui affecte les équipes. En février, selon nos informations, une journaliste du JDD a tenté de mettre fin à ses jours. Hospitalisée depuis, elle a établi un lien entre son geste et sa situation dans le journal, au sujet de laquelle il y avait déjà eu plusieurs alertes internes.

Le directeur de Paris Match Hervé Gattegno, sur le plateau de C à Vous, le 12 novembre 2020. © Capture d’écran / France 5

Une enquête a depuis été diligentée par le Comité social et économique (CSE) de l’entreprise pour examiner cette situation précise, alors qu’une seconde enquête sur les risques psychosociaux dans les deux rédactions dirigées par Hervé Gattegno, où les arrêts maladies se multiplient, a été confiée à un cabinet extérieur.

Arrivé à la tête d’un JDD déjà affaibli en 2016, Hervé Gattegno a réorganisé la rédaction à sa main, promouvant certains journalistes, en déclassant d’autres. La tâche s’est avérée nettement plus compliquée à Paris Match, l’un des fleurons de la presse française, à la direction duquel Arnaud Lagardère l’a promu en octobre 2019.

Hervé Gattegno y a remplacé Olivier Royant, un journaliste ayant fait quasiment toute sa carrière à Paris Match et apprécié de ses équipes, atteint par la maladie et décédé le 31 décembre 2020.

Dès le départ, une partie de la rédaction a vu d’un mauvais œil l’arrivée d’Hervé Gattegno, journaliste qui « saute de magazine en magazine », relève-t-on alors. Hervé Gattegno n’a jamais travaillé à Paris Match – un titre que beaucoup décrivent « à part » chez Lagardère. Il va en plus cumuler son poste avec la direction d’un autre journal, ce qui n’était jamais arrivé avant.

La rédaction considère également qu’il est « inélégant » qu’Olivier Royant n’ait pas été cité dans le communiqué officiel annonçant son remplacement, en déplorant « la brutalité » de cette annonce.

Plusieurs journalistes gardent ainsi un souvenir particulièrement amer de la première conférence de rédaction, au cours de laquelle Hervé Gattegno se serait imposé de manière autoritaire face à Olivier Royant, en cherchant à marquer son territoire, malgré la situation délicate de son prédécesseur. « Je ne me sens pas tenu de répondre à de telles accusations anonymes, dont je doute qu’elles existent vraiment », récuse le directeur de Paris Match auprès de Mediapart.

Hervé Gattegno ajoute que lors de cette réunion, « questionné sur le point de savoir qui aurait désormais le “final cut” sur la couverture du magazine », « [il a] simplement répondu : “Moi”, ce qui correspond, de fait, à l’intitulé de [s]a fonction ».

Au début, son arrivée a néanmoins suscité de l’espoir chez une partie de l’équipe, notamment issue de la jeune génération, qui espérait que le nouveau directeur casse l’inertie de la vie d’une rédaction aux rapports de force figés. « On s’est dit que c’était quelqu’un qui pouvait mettre un coup de pied dans la fourmilière », se souvient une journaliste.

Un an et demi plus tard, changement de discours : le nouveau directeur fait la quasi-unanimité contre lui. « Il n’a fait que confirmer le positionnement d’une sorte d’oligarchie au sein du journal, en constituant une garde rapprochée de quelques personnes », reprend la journaliste précitée, « c’est une belle désillusion ».

Invité à commenter un certain nombre de faits et d’assertions, Hervé Gattegno estime que « ce que [n]ous présent[ons] comme une enquête apparaît comme une compilation de médisances anonymes qui ne sont assorties d’aucune vérification impartiale ni du moindre élément probant ». « La technique consistant à recueillir de telles allégations auprès de mes contempteurs pour me proposer d’y réagir ne peut en aucun cas être qualifiée de journalisme honnête », ajoute-t-il.

Quatorze membres de Paris Match et du Journal du dimanche ont accepté de répondre aux questions de Mediapart. Tous ont requis l’anonymat.

La défiance à l’égard d’Hervé Gattegno est si largement partagée en interne que la rédaction de Paris Match et les élus du personnel ont directement écrit à la direction du groupe, vendredi 18 juin, pour faire part de leurs inquiétudes quant à la marche du titre. 

Ce n’est pas la première fois que nous sommes troublés par le parti pris de notre journal concernant Nicolas Sarkozy.

Texte voté par la rédaction de Paris Match

Dans un texte voté à 91 %, et révélé par Les Jours, la rédaction expose sa « crainte pour [son] avenir et celui de [son] magazine », en relevant que le titre « sembl[e] [s’]éloigner à chaque numéro » des « valeurs » et du « savoir-faire unique » qui ont fait sa « force » et sa « singularité » depuis 70 ans.

Ce courrier est une réaction directe au traitement de l’affaire de la fausse rétractation de Ziad Takieddine, qui a été mise en scène dans Paris Match en novembre et décembre 2020 et connaît désormais des développements judiciaires retentissants.

Le 3 juin, le journaliste François de Labarre, auteur de l’interview de l’intermédiaire libanais, a été placé en garde à vue, à la suite de quoi la rédaction de Paris Match a appelé la justice à veiller à ne pas porter atteinte au secret des sources dans ses investigations. Plusieurs organisateurs présumés de l’opération Takieddine, dont la papesse de la presse people Mimi Marchand, ont ensuite été mis en examen pour « subornation de témoin » et « association de malfaiteurs ».

Dans leur contrôle judiciaire, les personnes mises en cause – elles sont au nombre de cinq, et toutes présumées innocentes — ont l’interdiction d’entrer en contact avec Nicolas Sarkozy, son avocat MThierry Herzog, mais aussi Hervé Gattegno. 

« Ce n’est pas la première fois que nous sommes troublés par le parti pris de notre journal concernant Nicolas Sarkozy », écrivent les journalistes à leur hiérarchie, en expliquant que « cette direction n’a fait que grandir de numéro en numéro ».

Dans son texte, la rédaction fait aussi le lien avec la situation sociale au sein de l’entreprise, en décrivant l’instauration d’un « climat délétère et destructeur ». Depuis l’arrivée de leur nouveau directeur, les équipes de Paris Match ont recensé le départ, « avec plus ou moins d’égards », de 26 collaborateurs. Au JDD aussi, on relève que l’arrivée d’Hervé Gattegno avait provoqué le départ de plusieurs piliers de la rédaction.

Qu’il aille écrire un bouquin sur Sarkozy et qu’il nous lâche !

Une journaliste de Paris Match

La semaine précédant l’envoi du courrier de la rédaction de Paris Match, une cinquantaine de journalistes s’étaient déjà réunis pour dénoncer l’évolution du journal. Selon plusieurs témoins, les critiques proviennent de tous les coins de la rédaction, mêlant aussi différents niveaux hiérarchiques.

« Nous sommes dans une situation terrible, on ne mérite pas de se retrouver à cette place au cœur d’un tourbillon politico-judiciaire. Je ne reconnais pas mon journal, on est ridicules », dénonce ainsi une journaliste, qui ne se définit pourtant pas comme une « anti-Gattegno ». « Je pense juste qu’il n’est pas adapté à notre journal. Qu’il aille écrire un bouquin sur Sarkozy et qu’il nous lâche ! », ajoute-t-elle.

Un autre journaliste s’interroge sur la récurrence des articles sans demi-mesure en défense de l’ancien président et craint qu’Hervé Gattegno n’impose un « agenda personnel » à toute une rédaction. En refondant à marche forcée la maquette de Paris Match, le nouveau directeur a d’ailleurs installé un éditorial en début de magazine. « Olivier Royant le faisait parfois mais c’était pour parler directement aux lecteurs », explique-t-il. 

« L’importance des éditos dans nos pages depuis quelques mois marque un tournant : Paris Match est l’album de famille des Français, l’actualité racontée aux Français, et non un organe utilisé à des fins partisanes ou personnelles », a aussi alerté la rédaction dans son courrier à la direction.

« On a l’impression qu’il règle ses comptes en utilisant notre journal », déplore une autre journaliste, encore stupéfaite de l’éditorial publié après la garde à vue de François de Labarre.

Dans un texte à la première personne du pluriel, Hervé Gattegno n’hésite pas à dénoncer les « errements d’une justice déboussolée, tantôt désinvolte et tantôt tyrannique ». En concluant son texte par cette promesse : « Nous ne nous laisserons pas intimider ni salir sans réagir. À la volonté de déformer, nous opposerons encore, toujours, la liberté d’informer. »

Plus loin dans le magazine, sur quatre pages, le journaliste François de Labarre, qui pose en costard devant les bureaux de l’Office central de lutte contre la corruption et les infractions financières et fiscales (OCLCIFF) où il avait été entendu, revient sur cette expérience. Il s’en prend à la justice. Sans rien dire, en revanche, des mises en examen intervenues dans le dossier, qui ne sont pas non plus précisées dans l’éditorial d’Hervé Gattegno.

« Nous déplorons surtout l’absence de contextualisation, le passage sous silence de la mise en examen de “Mimi” Marchand et des lourdes charges qui pèsent contre elle (et qu’elle conteste) », écrit la Société des journalistes (SDJ) dans sa lettre à la direction.

Plusieurs journalistes s’interrogent aussi sur la manière dont le sujet Takieddine est arrivé dans les colonnes de Match

Un guide anticorruption récemment diffusé par la direction de Lagardère News prévoit en effet que « toute relation avec un intermédiaire doit être encadrée par un contrat revu par la direction juridique et dans lequel figure une clause anticorruption ».

Un tel contrat a-t-il présidé à l’interview de Ziad Takieddine ? Le guide « est entré en vigueur le 8 juin, il n’était donc pas applicable en novembre 2020 », répond Hervé Gattegno. Le directeur ajoute que, de toute façon, Paris Match « n’a eu recours à aucun “intermédiaire” pour interviewer Ziad Takieddine » : « C’est un journaliste de notre rédaction qui l’a fait. »

Pourtant, l’enquête judiciaire sur le revirement de Ziad Takieddine a depuis révélé que l’escroc Noël Dubus, qui fait partie des mis en examen pour « subornation de témoin » et « association de malfaiteurs », était sur place au Liban pendant l’entretien. Il a aussi diffusé une photo, publiée dans Paris Match sans crédit photo en décembre, de la rétractation de Ziad Takieddine devant notaire.

En mars 2021, déjà, la rédaction de Paris Match avait dû prendre la plume pour dénoncer un autre éditorial de son directeur, cette fois relatif au jugement rendu dans l’affaire Bismuth. 

Le souci de la vérité n’est pas un “agenda personnel”, c’est le devoir et l’honneur d’un journaliste ; même quand cela entraîne à contredire la justice – n’y a-t-il pas d’erreur judiciaire ?

Hervé Gattegno à Mediapart

Hervé Gattegno y qualifiait cette fois la condamnation de Nicolas Sarkozy, dont il a fait appel, pour des faits de corruption et trafic d’influence de « peine infamante », s’en prenant une fois de plus sur le fond à la justice et aux magistrats. « Choquée » par la teneur de ce texte, la SDJ de Paris Match avait immédiatement rappelé à son directeur que le titre n’est pas un « journal d’opinion, encore moins une officine partisane », dans un communiqué de presse commun avec les syndicats du journal, qui avait également été relayé par la SDJ du JDD.

« La critique de mes éditoriaux est libre, comme dans toute rédaction indépendante, même si le texte était parfaitement conforme à la ligne éditoriale de Paris Match, ainsi que je l’ai exposé à la rédaction », réagit Hervé Gattegno. Avant d’expliquer que la « ligne éditoriale de Paris Match, infiniment moins politisée que celle de Mediapart, s’attache à défendre la présomption d’innocence, quitte à ne pas suivre les courants dominants, à susciter le débat et même à déplaire ».

« Le souci de la vérité n’est pas un “agenda personnel”, c’est le devoir et l’honneur d’un journaliste ; même quand cela entraîne à contredire la justice – n’y a-t-il pas d’erreur judiciaire ? », ajoute le directeur.

Également questionné sur le fait qu’il ne mentionne jamais, dans ses articles et éditos, que Nicolas Sarkozy est membre du conseil de surveillance du groupe Lagardère, Hervé Gattegno répond : « Le siège qu’occupe Nicolas Sarkozy au conseil de surveillance du groupe Lagardère ne lui donne strictement aucun pouvoir sur le contenu et la ligne de Paris Match ni du Journal du dimanche. » Et d’ajouter : « Les deux titres que je dirige sont au moins aussi indépendants que le vôtre. »

Pour se défendre de toute complaisance à l’égard de Nicolas Sarkozy, Hervé Gattegno est aussi allé jusqu’à mouiller la précédente direction de Paris Match, dans un article paru dans Le Monde le 21 juin : « Le journal, que je dirige depuis octobre 2019, n’a publié aucune enquête sur les dossiers judiciaires de l’ancien président depuis 2012. Il faut bien en conclure que, si abstention il y a, elle n’est pas de mon fait », a-t-il alors déclaré.

Or, il suffit de trois clics sur Internet pour établir qu’il s’agit d’une infox sur son propre journal. Par exemple, en août 2014, avant l’arrivée d’Hervé Gattegno donc, Paris Match a enquêté sur l’explosion du chiffre d’affaires du cabinet d’avocat de Nicolas Sarkozy après son départ de l’Élysée. Cette affaire était particulièrement bien vue, puisque les missions de conseil de l’ancien président sont au cœur des interrogations dans plusieurs dossiers judiciaires, comme l’a révélé Mediapart (lire nos enquêtes ici ou ).

En juin 2013, c’est aussi Paris Match qui révèle que l’ancien bras droit de Nicolas Sarkozy, Claude Guéant, avait acheté au comptant en 2008, pour 717 500 euros, un appartement derrière l’Arc de triomphe, à Paris. 

Ironie de l’histoire : les conditions d’acquisition de ce bien sont aujourd’hui au cœur de l’enquête sur les financements libyens. En effet, Claude Guéant est soupçonné (ce qu’il conteste) d’avoir perçu 500 000 euros, en mars 2008, grâce à l’intermédiaire Alexandre Djouhri, pour l’achat de l’appartement en contrepartie d’interventions en faveur de Djouhri.

Le couple Sarkozy en Une de «Paris Match» après la condamnation de l’ancien président.

En dehors même des communiqués et courriers à la direction, les interrogations ont été nombreuses sur les choix éditoriaux d’Hervé Gattegno depuis son arrivée à la tête de Paris Match.

Comme lorsque le directeur du journal a mis en scène en février 2020, cinq mois après son arrivée, l’extradition vers la France de l’intermédiaire Alexandre Djouhri, mis en examen dans l’affaire des financements libyens.

La remise avait été effectuée en vertu de l’application d’un mandat d’arrêt européen, que l’avocat d’Alexandre Djouhri, MDupond-Moretti (aujourd’hui ministre de la justice), avait tenté, en vain, de faire annuler devant la justice anglaise. Qu’importe, Hervé Gattegno a préféré parler dans les colonnes de Match, sous sa propre plume, d’un « traquenard » un mot d’Alexandre Djouhri et d’un traitement « digne d’un terroriste international ».

En plaçant ensuite Alexandre Djouhri en détention, les juges d’instruction écriront dans leur ordonnance que « de très nombreuses conversations téléphoniques de 2013 à 2014 établissent la proximité entre [l’intermédiaire et Hervé Gattegno] ; dans ces conversations, Alexandre Djouhri n’apparaît nullement comme une source mais comme un donneur d’ordre ».

Ce qui fait bondir le directeur du JDD-Paris Match : « Le fait que des juges d’instruction reprennent à leur compte cette contre-vérité ne suffit pas […] à en faire une vérité. Contrairement à ce que vous insinuez, la justice ne m’a fait aucun reproche ni posé la moindre question dans cette affaire – et pour cause. »

Au-delà de l’affaire libyenne, d’autres décisions éditoriales ont provoqué de sérieux remous. Comme quand en juin 2020, alors que des violences entre bandes éclatent à Dijon, le magazine titre : « Alerte aux Tchétchènes, enquête sur une communauté discrète et inquiétante ».

Même s’il dirige deux titres, le directeur s’implique beaucoup dans la conduite des articles sensibles, quand il ne les cosigne pas directement. En janvier 2020, il se rend ainsi à Beyrouth avec une de ses adjointes pour interviewer le fugitif Carlos Ghosn, conseillé par la communicante Anne Méaux. « Carlos Ghosn, sa longue confession à Paris Match », présente le magazine.

Le sujet fait la une du numéro du 16 janvier, avec ce titre laudateur « Bons baisers du Liban ». En interne, on s’interroge : l’exil de Meghan Markle et du prince Harry sujet dans l’ADN de Paris Match ­ est renvoyé à un simple appel de une.

Plus récemment, c’est le choix de placer le philosophe Bernard-Henri Lévy en une du magazine, la semaine suivant la naissance de l’enfant de Meghan et Harry, qui a suscité les interrogations. « Le people n’intéresse pas Hervé Gattegno. Alors que c’est parce qu’on marche sur le people que l’on peut financer des grands reportages », déplore une journaliste. Un autre ajoute : « Il veut faire un journal parisien et haut de gamme, alors que nous sommes un journal populaire. »

Hervé Gattegno participe aussi, avec une reporter, à l’entretien du réalisateur Roman Polanski en décembre 2019. Le réalisateur, qui fait l’objet d’un avis de recherche Interpol depuis sa condamnation pour détournement de mineurs aux États-Unis, choisit Paris Match pour réagir pour la première fois à la nouvelle accusation de viol dont il fait l’objet, à la veille de la sortie de son film J’accuse.

« Il a fallu le rassurer, le convaincre que notre démarche était sincère et ouverte, que l’on n’était pas là pour l’accuser, mais au contraire pour lui donner la parole », déclare alors Hervé Gattegno pour expliquer comment il a décroché l’entretien.

Le directeur ajoute alors qu’il « faut, plus que jamais, s’attacher à la présomption d’innocence », et exprime sa crainte que « comme pour les affaires de corruption dans les années 1980 ou les affaires de pédophilie dans les années 1990-2000, on ait tendance à passer d’un extrême à l’autre ».

La manière dont est conduit l’entretien suscite l’indignation des militantes féministes. Le site Arrêt sur images décrypte comment « l’apparente pugnacité » de Paris Match dans l’entretien est en réalité un « leurre » favorable à Polanski.

Dans l’entretien, Paris Match pose notamment la question suivante : « Votre mère est morte à Auschwitz, votre épouse a été sauvagement assassinée, vous êtes régulièrement accusé d’abus sexuels, vous avez été en prison… Comment vivez-vous cet enchaînement d’épreuves ? Y voyez-vous une continuité, un destin tragique ? »

Toujours sur la même thématique, le directeur de la rédaction s’est également beaucoup impliqué dans l’entretien de Nafissatou Diallo, publié en septembre 2020. Quelques années plus tôt, bien avant de rejoindre Paris Match, Hervé Gattegno n’avait pas hésité à déclarer que « DSK [n’est] pas seulement innocent, mais victime ! ».

Selon nos informations, quand il a relu l’entretien de Nafissatou Diallo, le directeur a retranché de l’interview toute une partie détaillant l’agression.

L’ancienne femme de chambre expliquait notamment en détail comment l’ancien directeur général du FMI l’avait « collée sur le lit » puis, dans la salle de bains, avait « relevé [sa] jupe, baissé [ses] collants », avant de « s’introdui[re] avec sa main » et la « blesse[r] ». Ce passage a été supprimé des colonnes de Paris Match pour être résumé par un simple : « Puis tout est arrivé… »

Questionné sur cette suppression, Hervé Gattegno explique : « J’ai décidé de retirer plusieurs passages de l’interview, après avis conforme de notre direction juridique et de nos avocats, afin de protéger le journal du risque de poursuites, Dominique Strauss-Kahn ayant été – dois-je vous le rappeler ? – exonéré de toute charge par la justice américaine » (pour lire le détail de ce dossier, lire cet article de Marine Turchi).

Trois mois après l’interview dans Paris Match, Netflix diffuse le récit détaillé de Nafissatou Diallo dans son documentaire Chambre 2806 sur l’affaire DSK.

Un an avant la rétractation Takieddine, un témoin miracle surgit de nulle part

Au JDD, il y a bien longtemps que les équipes se sont habituées aux choix particuliers de leur directeur. Au fil des années, le journal est même devenu la risée des réseaux sociaux pour ses unes progouvernementales à répétition.

Le 3 janvier 2021, à la faveur d’un numéro du JDD mettant en scène la « colère de Macron » face à la stratégie de vaccination qu’il avait lui-même installée, la correspondante du Financial Times à Paris, Anne-Sylvaine Chassany, décrit publiquement le journal comme la « French Pravda ». « Ces critiques sont dures à vivre en interne car on reste attachés au journal, mais les gens ont malheureusement raison », souffle une membre du journal dominical.

Dès 2019, Hervé Gattegno avait lancé dans le JDD une série d’été sur l’affaire libyenne. Il avait notamment déniché un prétendu témoin clé, un certain El-Mahfoud Ladib, qui décrit par le menu et avec force détails comment le document relatant la promesse de financement de la campagne Sarkozy par le régime de Kadhafi aurait été en réalité fabriqué par Ziad Takieddine.

Le document, qui a été publié par Mediapart en 2012, avait déjà été au centre d’une longue bataille judiciaire lancée par Nicolas Sarkozy, qui l’a qualifié de « faux grossier ». La justice a par trois fois et jusque devant la Cour de cassation donné tort à l’ancien chef de l’État.  

La Une du JDD du 14 juillet 2019.

Mais à la faveur de ce nouveau témoignage miraculeux arrivé au JDD, l’avocat de l’ancien président, MThierry Herzog, qui a eu des contacts en 2018 avec le fameux Ladib, fait immédiatement le tour des médias pour expliquer que cela « vient totalement décrédibiliser les versions mensongères de Ziad Takieddine et ne fait que confirmer le montage dont Nicolas Sarkozy a été la victime ». Comme Hervé Gattegno dans les colonnes du JDD, MHerzog parle d’une « machination ».

Mediapart révèlera, sept mois plus tard, que ce fameux « témoin » miracle était en réalité lié à l’intermédiaire Alexandre Djouhri, dès début 2019 ce que Ladib avait précédemment caché jusqu’à soutenir le contraire.

Comme son avocat, Nicolas Sarkozy avait rapidement réagi à la publication par le JDD en donnant énormément de crédit au témoignage de Ladib. « Enfin la vérité ! », avait même clamé l’ancien président sur les réseaux sociaux, le 14 juillet 2019, jour de la publication de l’article du JDD.

L’année suivante, sa réaction fut quasiment identique au mot près lorsque Paris Match a publié l’interview de Ziad Takieddine le 11 novembre 2020. Nicolas Sarkozy diffuse immédiatement un communiqué de presse en expliquant que « la vérité éclate enfin ». « J’ai eu Nicolas Sarkozy au téléphone, il m’a remercié pour l’article que j’ai publié », ajoutera le lendemain Hervé Gattegno dans l’émission « C à vous ».

Mais au JDD, les seuls questionnements ne portent pas seulement sur l’affaire libyenne. Plusieurs journalistes s’interrogent aussi sur les relations entretenues par leur directeur avec le marchand d’armes Iskandar Safa, propriétaire du magazine Valeurs actuelles.

La relation entre les deux hommes est apparue au grand jour à la faveur d’investigations sur Marc Francelet, un intermédiaire déjà condamné. Lequel Francelet a eu droit, le 11 mai dernier, à une double page dans le JDD pour les « bonnes feuilles » de son autobiographie.

En 2007, Hervé Gattegno est entendu comme témoin, sans jamais faire l’objet de poursuites, par les enquêteurs de la Brigade de la répression de la délinquance économique (BRDE). Selon le site d’information Bakchich, son audition tourne autour des conditions de rédaction d’un de ses articles publié dans Monde en 2005, intitulé « Iskandar Safa, l’insaisissable ».

Selon Bakchich, la première interrogation des enquêteurs portait sur la prise en charge du voyage : « Se faire payer un voyage par le sujet principal de l’article, cela ne vous pose-t-il pas un problème éthique ? » Ce à quoi Gattegno aurait répondu : « Non, aucun. Et vous n’êtes pas qualifiés pour juger. […] J’ai fait faire des économies à mon journal et n’en ai tiré aucun profit personnel. » Le policier demande alors, toujours d’après Bakchich : « Qu’en dit la charte de déontologie de votre journal ? » « Je ne sais pas », répond M. Gattegno, expliquant que « le fait que M. Safa ait pris l’initiative de [lui] adresser un billet d’avion n’a aucunement porté atteinte à [s]on indépendance de journaliste ».

Questionné sur ce point, Hervé Gattegno répond : « Vous m’apprenez l’existence de cet article paru il y a 14 ans, dont je conteste bien entendu la teneur. Si la police m’a interrogé au sujet de mon reportage au Liban, c’était déjà parce qu’un juge tolérait mal que j’ai recueilli les propos d’une personne visée par un mandat d’arrêt international – dans l’exercice de mon métier de journaliste, je l’ai fait à plusieurs reprises. Je n’ai été l’objet d’aucune poursuite – et pour cause. » En 2007, dans Le Monde, le journaliste démentait aussi toute « intervention » de Marc Francelet pour son article, ce que ce dernier confirmait.

À l’été 2018, Marc Francelet a aussi conseillé Alexandre Benalla, qui a fait la une du JDD pour une « interview exclusive » le 28 juillet 2018. L’hebdomadaire écrira aussi plus tard que les « enregistrements Benalla », révélés par Mediapart et particulièrement embarrassants pour l’ancien collaborateur d’Emmanuel Macron, sont peut-être le résultat d’un montage.

« Les extraits de conversations entre Alexandre Benalla et son ami Vincent Crase sont le fruit d’au moins deux enregistrements distincts, voire trois », écrit Le JDD. Ce qui est parfaitement faux, et sera d’ailleurs battu en brèche par les enquêteurs de la police scientifique.

Alexandre Benalla et Thierry Solère aux 70 ans du JDD, le 27 novembre 2018. © Document Mediapart

Alexandre Benalla est aussi au cœur d’un autre épisode du journal, lorsqu’il fut invité aux 70 ans du JDD le 27 novembre 2018, dans le VIIIe arrondissement de Paris. Les membres de la rédaction ont également vu débarquer ce soir-là Nicolas Sarkozy, Richard Ferrand, Gérald Darmanin ou encore Thierry Solère. « Il n’est nullement contestable qu’un journal invite à son anniversaire – fête par définition privée – de nombreuses personnalités auxquelles il a consacré des articles, a fortiori lorsqu’elles sont présumées innocentes », justifie Hervé Gattegno.

Dans l’affaire Thierry Solère, justement, le directeur du JDD n’a pas hésité à écrire, le 14 juin 2020, que le député LREM, conseiller d’Emmanuel Macron, était tout simplement la « cible d’un complot ». Dans son article, le journaliste parle même d’un « complot des juges », en indiquant que les « accusations du parquet de Nanterre [il s’agit donc de procureurs et non de juges – ndlr] contre le député macroniste reposent sur une série de faux grossiers ».

Le journaliste parle alors de possible « stupéfiant scandale judiciaire ». Il en remet une couche le 28 juin en attaquant les « mensonges du parquet ». Puis le 18 juillet, en parlant de « fuite en avant des juges » (pour savoir ce que contient réellement le dossier, lire notre enquête).

Cette batterie d’articles intervient après le classement sans suite, en mars 2019, d’une plainte déposée par Thierry Solère pour « faux » et « usage de faux en écriture publique » contre deux hautes magistrates au cœur de la procédure. 

S’il conteste toujours l’enquête dont il fait l’objet, le député a lui-même pris ses distances avec l’expression « complot des juges » utilisée par Hervé Gattegno.

« Celui-ci ne dément pas – c’est peu dire – le contenu de mes contre-enquêtes sur la procédure qui le vise, puisqu’il en a demandé l’annulation eu égard aux nombreuses falsifications qu’elle contient, à propos desquelles j’ai nommément mis en cause deux hautes magistrates, qui n’ont pas opposé un seul démenti à ce que j’ai écrit », réagit le directeur du JDD.

Le journaliste oublie de dire que les plaintes visant les magistrates ont été classées pour « absence d’infraction ». Mais aussi que ses articles ont poussé le procureur général de Versailles, Marc Cimamonti, à sortir de sa réserve. « Les mises en cause médiatiques […] ayant récemment visé le parquet de Nanterre sont dépourvues de fondement », a-t-il ainsi déclaré à l’AFP après l’article du JDD.

« Le JDD n’a d’ailleurs à aucun moment sollicité le parquet de Nanterre pour vérifier l’authenticité des informations contenues dans son article de dimanche 14 juin 2020, qui ne reposent ainsi que sur des éléments lacunaires et une interprétation erronée de ceux-ci », déplorait également le parquet de Nanterre à l’époque.

Début 2021, c’est une autre série d’articles qui interroge. Les papiers portent cette fois sur le fonctionnement et le financement de l’association Anticor, alors en attente du renouvellement, par le gouvernement, de son agrément lui permettant de pouvoir se constituer partie civile dans des procédures judiciaires visant des affaires de corruption. L’association s’étonne alors de cette « campagne de presse, dont la violence n’a d’égale que celle qui vise la justice financière ».

Critiqué à l’extérieur pour son traitement de plusieurs dossiers, Le JDD est également bousculé en interne par des difficultés sociales. Celles-ci ont connu leur apogée en février quand une journaliste, en arrêt maladie depuis plusieurs mois, a tenté de mettre fin à ses jours chez elle. Elle avait rédigé son testament quelques semaines plus tôt.

La journaliste en question était en souffrance depuis près deux ans, alors qu’à la suite d’un retour d’une formation, elle a été affectée à un service qu’elle ne souhaitait pas rejoindre. Dans plusieurs alertes, elle avait dénoncé ce choix, dicté selon elle par des arguments d’autorité, qui l’a dévastée.

Avant de passer à l’acte, la journaliste a mis en cause par écrit son ancienne cheffe de service et le directeur de la rédaction Hervé Gattegno. Elle a ensuite été hospitalisée dans un état grave.

À ses proches, elle a même indiqué qu’elle avait imaginé se suicider dans les locaux du journal en laissant avec son sang des inscriptions sur les bureaux de son ancienne cheffe et du directeur. Sollicitée, la journaliste n’a pas souhaité s’exprimer.

Présente au JDD depuis de nombreuses années, celle-ci avait alerté sur sa situation à de nombreuses reprises. Une enquête a été lancée par le CSE pour étudier cette situation individuelle.

Questionné à ce sujet, Hervé Gattegno a répondu : « Tenter d’instrumentaliser un cas aussi douloureux est choquant. » Au regard des dispositions du code du travail et des règles de protection de la vie privée, « il n’est pour nous pas question d’évoquer ce cas particulier sauf à porter atteinte aux droits en question de la salariée », a ajouté le DRH du groupe Stéphane Égloff.

L’annonce de cette tentative de suicide a fait l’effet d’une bombe au sein du groupe. Un élu du personnel en a d’abord parlé à la médecine du travail, avant de le révéler en CSE du groupe Lagardère News le 18 février 2021. « D’autres collègues du JDD sont en souffrance. Les problèmes continuent et les solutions ne sont pas trouvées », a alors expliqué l’élu, selon le procès-verbal de la réunion du CSE.

Un an plus tôt, le médecin du travail avait qualifié en CSE les méthodes managériales de « brutales », rappelle un autre élu au cours de la même réunion, « il n’y a eu ni écoute ni remise à plat avec les salariés ». Une troisième élue ajoute que « la brutalité managériale quotidienne commence à peser » et alerte sur le fait que « cette brutalité est également en train de se réaliser à Paris Match ».

« Il s’agit d’une généralité qui ne correspond pas à la réalité », réagit alors une représentante de la direction, selon le PV de la réunion . Elle conclut plus tard l’échange en « remerciant les élus pour avoir partagé ces informations » et indiquant que « la direction proposera une manière de répondre à cette situation et, plus généralement, de mieux prendre en compte la souffrance de chacun, sans généraliser ».

Un événement en particulier a ensuite particulièrement secoué la rédaction de Paris Match. Lors du CSE du 18 mars, un journaliste du magazine, également représentant du personnel, s’interroge sur un projet de « newsletter politique » que souhaite lancer Hervé Gattegno à la veille de la présidentielle. Le projet doit être porté par Paris Match et Le JDD, ce qui interroge l’élu quant au respect de l’identité des deux titres, selon le procès-verbal de la réunion.

Les réponses des représentants de la direction de Lagardère News se font alors imprécises et vaseuses, voire contradictoires avec le projet d’Hervé Gattegno. Le lendemain, ce dernier convoque l’élu dans son bureau. Les deux hommes se parlent, sans témoin. L’élu est ensuite placé en arrêt maladie pendant plusieurs semaines. « Il a été pris à partie par Hervé Gattegno. Parce qu’il avait soulevé ces points en CSE, il lui a reproché son mauvais esprit », explique une collègue.

« Je n’ai pris à partie personne. Je dirige deux rédactions composées de journalistes dont j’oriente et dirige le travail, et dont certains sont aussi des élus, ce mandat étant sans rapport avec leurs fonctions », répond Hervé Gattegno. Le journaliste en question n’a pas souhaité nous répondre. 

Dans leur courrier du vendredi 18 juin à la direction, la SDJ et les élus du magazine se sont inquiétés de l’accumulation de « burn out », « arrêts de travail », « appels de détresse », mais aussi d’« intimidations d’élus » et de « pensées suicidaires ».

Lorsque nous l’interrogeons sur cette situation sociale dégradée, Hervé Gattegno répond : « Je récuse cette présentation malhonnête. » Le directeur indique aussi que « toutes les questions relevant de la gestion des ressources humaines au sein de l’entreprise ne regardent que l’entreprise ».

Depuis sa tentative de suicide, la journaliste du JDD n’a pour sa part pas reçu de messages de sa direction de la rédaction, selon plusieurs de ses proches. Le DRH Stéphane Egloff déclare à ce sujet : « Je peux vous rassurer quant à la relation permanente que nous entretenons avec nos services de santé au travail qui assurent un lien continu avec nos collaborateurs. »

Antton Rouget


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