Alstom : la prime au démantèlement

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Pour avoir bien su négocier la vente de la branche énergie d’Alstom à GE, Patrick Kron se voit attribuer 150 000 actions, soit l’équivalent de 4,1 millions d’euros. Pourtant, l’accord trouvé avec le géant américain est tout sauf équilibré. Alstom, qui est menacé d’une amende de 700 millions de dollars par la justice américaine pour corruption, va même la payer, contrairement à ce qui était annoncé. Cette procédure judiciaire a été la face cachée du démantèlement programmé d’Alstom.

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C’est la décision de trop. Au moment où la direction d’Alstom présentait en assemblée générale la cession de sa branche énergie à General Electric pour 12,3 milliards d’euros, qui a été approuvée le 19 décembre à 99,2 % par les actionnaires, cette même direction a décidé de s’octroyer une gratification hors norme pour cette vente. La CGT du groupe a dénoncé, jeudi 18 décembre, l’attitude du PDG. Patrick Kron va recevoir 150 000 actions, équivalant à 4,1 millions d’euros, soit deux fois son salaire annuel, pour avoir bien su négocier la vente de 70 % du chiffre d’affaires de son groupe au géant américain. « Une prime de Noël », dit le syndicat. Cette mesure a été votée à l’unanimité du conseil d’administration d’Alstom. Elle avait été proposée par le comité de rémunération du groupe dirigé par Jean-Martin Folz, un ancien du groupe Pechiney, comme Patrick Kron.