Tapie: la justice rechigne à examiner le coup de force présidentiel

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La présidente du tribunal administratif de Paris refuse d'examiner un recours en excès de pouvoir déposé contre la ministre des finances, Christine Lagarde, dans l'affaire Tapie. Alors que Bernard Tapie va empocher dans les prochains jours un gain net proche de 100 millions d'euros, prélevés sur fonds publics – bien supérieurs à ce que Bercy et Bernard Tapie avaient admis, mais conforme à ce que Mediapart avait révélé dès juillet 2008 –, la présidente fait valoir que des contribuables ou un député – qui ont saisi la justice – n'ont pas un «intérêt suffisant» pour demander ce recours. Parti pris.

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C'est un méchant clin d'œil de l'histoire – une simple coïncidence, mais qui résume à elle seule l'affaire. Dans les prochains jours, Bernard Tapie va percevoir près de 100 millions d'euros prélevés sur les fonds publics, auxquels il n'aurait jamais pu prétendre si Nicolas Sarkozy n'avait pas lourdement pesé en ce sens. Et au même moment, la justice vient de faire savoir à des premiers plaignants qu'elle n'était pas compétente pour instruire cette affaire – ou qu'ils n'avaient pas les qualités pour agir. En bref, l'ex-homme d'affaires va devenir dans les prochains jours l'un des Français les plus riches, grâce à un coup de pouce présidentiel. Mais l'affaire est en passe d'être étouffée.