Acte XXIII des gilets jaunes: une journée de répression pour la presse

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RSF, le SNJ et le barreau de Paris dénoncent les violences et les arrestations dont ont été victimes de nombreux journalistes lors de leur couverture de la journée de mobilisation des gilets jaunes samedi 20 avril. À Paris, deux journalistes indépendants ont été interpellés et placés en garde à vue.

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Plusieurs organisations ont dénoncé la répression dont ont fait l’objet de nombreux journalistes, interpellés ou blessés, durant la journée de mobilisation des gilets jaunes du samedi 20 avril, rapporte Le Monde.

« Il y a eu plusieurs interpellations de journalistes et d’autres incidents », a dénoncé le premier secrétaire national du Syndicat national des journalistes (SNJ), Vincent Lanier. Les arrestations à Paris des journalistes indépendants Gaspard Glanz et Alexis Kraland, notamment, ont suscité de vives réactions.

Gaspard Glanz, dont l’arrestation place de la République a été filmée, était toujours en garde à vue dimanche en milieu de journée. Selon la rubrique CheckNews de Libération, le parquet lui reproche des faits de « participation à un groupement en vue de commettre des violences ou des dégradations » ainsi qu’un « outrage sur personnes dépositaires de l’autorité publique ».

Le journaliste vidéo Thibault Izoret a également filmé la scène. On y voit, en plus de l’interpellation de Gaspard Glanz, une charge des forces de l’ordre contre Sacha Benitah, qui couvrait la manifestation pour Le Figaro.

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Alexis Kraland, qui a été libéré dimanche matin après huit heures de garde à vue, a expliqué sur Twitter avoir été arrêté gare du Nord après qu’un policier lui a demandé de lâcher sa caméra, considérée comme une « arme par destination ». Le journaliste a refusé et aurait ensuite été frappé. « Ils ont donc matraqué ma main qui la tenait avant de m’interpeller pour “rébellion de palpation”. »

« On commence à se poser des questions : est-ce qu’il y a une volonté déterminée d’intimider notamment les photographes sur le terrain ?, interroge Vincent Lanier. On a l’impression que certains sont des cibles. Il y a des tensions, c’est vrai, sur le terrain entre des policiers et des photographes, mais de là à interpeller, il y a un gros problème. On est sur une pente très dangereuse par rapport à la liberté d’informer, c’est la liberté de la presse qui est menacée. »

De son côté, Reporters sans frontières a dénoncé « un sombre bilan » de la journée de samedi, marquée par « deux journalistes indépendants interpellés et plusieurs autres ciblés par des tirs de LBD alors qu’ils étaient clairement identifiés Presse. L’information est un droit ! », rappelle RSF.

Le Monde fait en effet état de plusieurs journalistes blessés, dont deux touchés par une grenade de désencerclement à Toulouse et un photographe de l’AFP touché par une grenade lacrymogène, puis frappé par un policier.

Le journaliste freelance Clément Lanot a, de son côté, affirmé sur Twitter avoir été « visé par un LBD ».

© clementlanot

Le barreau de Paris a également condamné, sur Twitter, « les arrestations et les agressions de journalistes lors des manifestations […]. La liberté de la presse, comme celle de manifester, sont fondamentales et doivent être respectées », rappellent les avocats.

« Liberté de la presse menacée… on ne pensait pas avoir à défendre aujourd’hui en France une liberté aussi fondamentale… et pourtant ! », écrit pour sa part la secrétaire générale de la Commission nationale consultative des droits de l’homme (CNCDH) Magali Lafourcade sur Twitter, en réaction aux événements de la journée de samedi.

Interrogé par l’AFP, le ministère de l’intérieur a répondu : « Les forces de l’ordre sont mobilisées chaque samedi pour empêcher les violences, assurer la sécurité des manifestants, mais aussi celle des journalistes, régulièrement – et samedi encore – pris à partie. Si des journalistes sont interpellés – ce qui peut arriver – ils ne le sont évidemment pas ès qualités mais en raison des infractions relevées. »

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