Elections des Yvelines: le bon tour de la droite

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Longtemps, le second tour des élections fut présenté comme le «tourdécisif» avec cet adage gravé dans le marbre: aupremier tour on choisit, au second on élimine. Les récentes élections législatives partielles des Yvelines, où deux candidats UMP ontconservé le siège des sortants en dépit d'un contexte politiqueexécrable pour leur camp, vient de le contredire. La droite a compris que tout se jouait au premier tour. A méditer avant les régionales.
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Les législatives partielles dans les Yvelines, où deux candidats UMP ont conservé le siège des sortants en dépit d'un contexte politique exécrable pour leur camp, viennent rappeler l'importance croissante des premiers tours dans les élections à enjeu. C'est une situation à laquelle s'est plutôt bien adaptée le parti majoritaire sous la férule de son chef élyséen, alors que la gauche tend de plus en plus à négliger l'effet dynamique du premier tour sur le second, au profit de batailles de leadership exacerbées en son sein.

 

Autant dire que la satisfaction affichée par les Verts pour leur exploit dans la 10e circonscription et le dépit manifesté par les socialistes dans la 12e pour cause de mauvais reports présumés du Front de gauche et du Modem sont plutôt hors sujet. La gauche, entre Rambouillet et Poissy, avait perdu dès le premier tour. Ce qui n'est pas sans rappeler la dernière présidentielle, ni augurer de réveils douloureux aux prochaines régionales.


Avec respectivement 43,9% et 44,2%, Jean-Frédéric Poisson et David Douillet ont fait le trou au soir du premier tour. L'analyse convenue selon laquelle ils étaient menacés au second car privés de «réserves» s'est révélée fausse. Même si cela s'est joué à 5 voix dans la 10e circonscription.


Nicolas Sarkozy a sans doute une longueur d'avance en ayant compris que, dans l'état de fragmentation du corps électoral aujourd'hui, il importe de présenter d'emblée des candidatures qui s'imposent comme la force ratissante de son camp et surplombante de la compétition. Dans la sociologie politique américaine, on distingue deux types de comportement électoraux: le «bandwagon» qui fait que l'on va volontiers au devant de la victoire et l'«underdog» qui veut que l'on vole au secours du challenger pour contrer le favori.

Appliqué aux élections à deux tours à la française, cela signifie qu'il vaut mieux être aujourd'hui «bandwagon» qu'«underdog».

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