Salles de shoot : enfin du courage au Sénat

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Le Sénat a adopté les articles du projet de loi de santé qui légalisent les salles de consommation de drogue. Les politiques sont parvenus à dépasser de faux arguments moraux. Les arrière-pensées économiques ont pesé: c'est chez les toxicomanes que circule l’hépatite C, soignée à prix d’or.

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Le Sénat a connu quelques instants de grâce, jeudi 17 septembre. La haute assemblée, à majorité de droite, a adopté dans une certaine unanimité les amendements 8 et 9 du projet de loi de santé, qui donnent de nouveaux outils législatifs aux associations pour mener une ambitieuse politique de réduction des risques liés à l’usage de drogues : la distribution de seringues en prison, l’éducation à l’injection des toxicomanes, l’expérimentation des salles de consommation de drogues à moindre risque. Ces mesures ont été défendues sans arrière-pensée par le sénateur LR Alain Milon, président de la commission des affaires sociales : « Si ce dispositif permettait de sauver ne serait-ce qu'un toxicomane par an, dans chaque hôpital de France, il serait fondé. En tout état de cause, laissez-nous expérimenter ! Si cela aboutit à la chienlit, avec des dizaines de millions de toxicomanes affluant vers les salles de shoot, ce dont je doute, nous y mettrons fin. Je crois, pour ma part, en son succès. » « Nous venons de vivre un grand moment qui n'est pas si fréquent : le Sénat, dans toutes ses composantes politiques, a maintenu l'expérimentation des salles de consommation à moindre risque », s’est félicité le socialiste Yves Daudigny. Mieux encore, les sénateurs de la commission des affaires sociales ont amélioré ces articles dans l’été en adoptant plusieurs amendements réclamés par les associations et le monde médical.