Le prénom de la haine

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Éric Zemmour s’est encore illustré par une sortie raciste en s’en prenant au prénom de la chroniqueuse Hapsatou Sy. Cette énième saillie ne devrait pas faire l’objet de commentaires. Mais elle est d’une violence inouïe pour les immigrés et leurs enfants à qui l’éditorialiste commande de se fondre dans une société qui n’est pas toujours bienveillante à leur égard.

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Commençons par un avertissement. Oui, il serait préférable d’ignorer l’énième saillie raciste d’Éric Zemmour. Ce serait en effet fantastique de pouvoir se boucher les oreilles, comme les enfants, pour ne pas affronter la réalité et entendre ce que les commentateurs appellent, dans un bel élan de pudeur euphémistique, un « dérapage ». À force de « déraper » l’éditorialiste aurait dû sortir du paysage mais au contraire il est en tête des ventes avec son histoire de France très subjective baptisée Destin français (Albin Michel) (lire l’article d’Antoine Perraud).

Mais il faut pouvoir se payer ce luxe de l’ignorance au prétexte de ne pas lui faire de publicité. Ce qui apparaît comme une projection de l’esprit pour ceux qui ont un prénom bien comme il faut, est une souillure pour nous, qui avons des origines étrangères et un prénom qui le reflète.