«Je suis Coulibaly. Je suis là pour vous tuer»

Par

Au troisième jour de l’examen de la prise d’otages de l’Hyper Cacher, les otages d’Amedy Coulibaly ont raconté leur course pour échapper au tueur, leur attente, et la folie criminelle du terroriste. Pour certains survivants, le traumatisme est aussi fort que le premier jour.

La lecture des articles est réservée aux abonnés.

Devant la cour d’assises de Paris, Jean-Luc s’est souvenu d’une pensée fugace. Il se trouvait à la caisse de l’Hyper Cacher. « J’ai le terroriste face à moi, et derrière lui, je vois un homme qui passe, sans rien voir, sur le parvis. Il est au paradis, et moi je suis en enfer. » « La frontière entre nous deux, c’est le terroriste », dit-il. Au troisième jour de l’examen de l’attaque de l’épicerie juive de la porte de Vincennes, les anciens otages, des clients tous venus à la hâte faire quelques achats avant la fermeture pour le shabbat, ont tourné et retourné des images du magasin dans leur mémoire. L’arrivée du tueur. Le rideau de fer. L’espace qui se referme sur les crimes, et la peur. Où se cacher. Dans les rayons du magasin, jusqu’à l’escalier en colimaçon. De la réserve, jusqu’aux chambres froides. Et dans les chambres froides, derrière des cartons.