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Le gouvernement de retour à toutes les affaires

25 août 2010 | Par igor gauquelin et Pierre Puchot

En cette rentrée ministérielle, Nicolas Sarkozy a encouragé son ministre de l'intérieur à continuer sur sa bonne voie. «En Afghanistan, la France restera le temps qu’il faudra», a-t-il par ailleurs affirmé, en ouverture de la 18e conférence des ambassadeurs, face à un corps diplomatique qui ne cache plus son malaise.

Cet article est en accès libre.

«Nous ne céderons pas à ceux qui cherchent la polémique systématique et nous ne devons pas tomber dans une confrontation stérile.» Tel est le mot d'ordre lancé par Nicolas Sarkozy à son gouvernement, mercredi 25 août, à l'occasion du premier conseil des ministres de la rentrée et à quelques semaines d'un remaniement annoncé pour octobre.

A l'aune d'un mois de septembre qui s'annonce chargé, le président a exhorté ses troupes à «redoubler de dialogue, de pédagogie, face aux inquiétudes et interrogations». Mais aussi, selon le porte-parole du gouvernement, Luc Chatel, à faire preuve de «courage», face aux «critiques souvent excessives et infondées».

Faisait-il allusion à François Fillon, qui avait défrayé la chronique la veille en expliquant par communiqué que «la lutte contre l'immigration irrégulière ne doit pas être instrumentalisée de part et d'autre»? Ce dernier avait l'air «détaché», selon plusieurs ministres interrogés par l'AFP, «comme s'il n'était déjà plus là». S'abstenant de tout commentaire à l'issue du conseil, le «collaborateur du président» a reçu à Matignon, en fin d'après-midi, son ministre de l'agriculture Bruno Le Maire, sur fond de crise du lait et de déplacement présidentiel (vendredi dans les Alpes-de-Haute-Provence). Comme si de rien n'était.

En cette période où le gouvernement joue serré, les ministres ont donc parlé de la rentrée scolaire, de la recherche, de l'audiovisuel public, puis ont fait le point sur l'agenda parlementaire bourré à craquer qui les attend en septembre. Nicolas Sarkozy a remotivé ses troupes sur les retraites, usant de son argument préféré: «Tous les gouvernements ont biaisé» sur le sujet, «c'est la première fois qu'un gouvernement y apporte une réponse globale, de grande ampleur». A la sortie, quelques ministres ont continué de porter la parole présidentielle, à l'image d'Eric Besson (immigration): «Le président de la République nous a demandé de poursuivre notre tâche avec calme et détermination au service des Français

A son retour de vacances, quel bilan Nicolas Sarkozy tire-t-il du mois d'août de Brice Hortefeux, chargé d'occuper tous les jours la scène médiatique pour repousser l'affaire Bettencourt à la marge de l'actualité? Selon Eric Besson, le chef de l'Etat a «félicité le ministre de l'intérieur pour son action et il a expliqué (...) qu'il fallait poursuivre cette action, que la loi en France devait être respectée». Les «démantèlements» de camps de Roms vont donc se poursuivre, tout comme les expulsions (le ministre de l'immigration a d'ailleurs fait un point comptable à ce sujet). Qu'importent les récentes critiques émises par un dirigeant de la police à l'adresse de sa hiérarchie, au sujet d'une politique qu'il juge «difficile à mettre en œuvre».

En revanche, si le cap reste le même, l'heure est à l'apaisement: dans l'après-midi, Brice Hortefeux, Eric Besson et Pierre Lellouche (affaires européennes) ont accueilli deux secrétaires d'Etat roumains, pour leur proposer de traiter la question «Roms» main dans la main sous l'œil de l'Union européenne. Quant à la politique sécuritaire annoncée le 30 juillet à Grenoble (extension de la déchéance de nationalité pour «toute personne d'origine étrangère qui aurait volontairement porté atteinte à la vie» d'un dépositaire de l'autorité publique, etc.), Nicolas Sarkozy a demandé à ses ministres «de la mettre en œuvre, ni plus ni moins». «Le président nous a fait comprendre qu'il ne fallait pas faire de surenchère», traduit un ministre pour l'AFP.