Jean-Marc Ayrault contre « les ultras » de Notre-Dame-des-Landes

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Le socialiste Jean-Marc Ayrault oppose une fin de non-recevoir aux écologistes au sujet de l'aéroport de Notre-Dame-des-Landes: « Polariser l'avenir de l'accord entre écologistes et socialistes sur cet aéroport est une faute politique qui ne peut conduire qu'à l'impasse. »

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Le socialiste Jean-Marc Ayrault, député-maire de Nantes et proche de François Hollande, oppose une fin de non-recevoir aux écologistes au sujet de l'aéroport de Notre-Dame-des-Landes, qui doit ouvrir ses portes vers 2017. Parce qu'il s'agit d'un deuxième aéroport et qu'il doit être construit sur plusieurs centaines d'hectares de terres agricoles, très riches en biodiversité, les dirigeants d'Europe-Ecologie-Les-Verts le contestent et demandent l'arrêt du projet. Ils en ont fait un symbole politique de premier plan, menaçant de ne pas signer l'accord de gouvernement en négociation avec le PS si ses dirigeants continuent de défendre l'aéroport. C'est ce qu'a redit Cécile Dufflot au Journal du dimanche, le week-end dernier (voir ici), en citant d'autres causes potentielles de rupture, parmi lesquelles, le nucléaire.
« Cela n'aboutira à rien, jamais on ne sera d'accord là-desssus », réagit Jean-Marc Ayrault auprès de Mediapart. « Polariser l'avenir de l'accord entre écologistes et socialistes sur cet aéroport est une faute politique qui ne peut conduire qu'à l'impasse. Vu la demande de démocratie et de changement qui s'exprime aujourd'hui dans le pays, j'espère que les écologistes ne seront pas prisonniers de leurs ultras. Ce projet d'aéroport est acquis et acté. C'est un peu absurde politiquement à la veille d'une présidentielle de le poser comme condition d'un accord. »
Initié à la fin des années 1960, relancé dans les années 1980, l'aéroport du Grand Ouest, son nom officiel, a été déclaré d'utilité publique en février 2008. C'est le géant du BTP Vinci, à travers sa filiale AGO, qui doit le construire puis l'exploiter dans le cadre d'un partenariat public privé qui court jusqu'en 2063. Aucuns travaux de construction ne devraient commencer avant 2014, compte tenu des obligations légales (respect de la loi sur l'eau...) à respecter par le concessionnaire. Mais sur place, des forages ont déjà eu lieu et des procédures d'expulsion sont en cours. « Si on était au début du processus, on pourrait discuter, mais là, non, c'est largement derrière nous », insiste le député-maire de Nantes.
Le président du groupe socialiste à l'Assemblée nationale s'en prend aussi à « l'hypocrisie des écologistes », qui viennent de gagner un siège au Sénat, celui de Ronan Dantec, conseiller municipal auprès de Jean-Marc Ayrault, à Nantes, grâce à un accord électoral avec le PS et le PC, tous deux résolument favorables au projet d'aéroport. « Quand ils négocient des places sur les listes, ils n'ont pas d'états d'âme. Il n'y a eu aucune discussion sur l'aéroport. Cela prouve bien qu'on peut bien s'entendre », ajoute-t-il.