FN: Frédéric Chatillon mis en examen

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Au cœur du dispositif de communication du FN avec ses sociétés, Frédéric Chatillon a été mis en examen le 15 février, dans le cadre d’une enquête ouverte fin octobre par le parquet de Paris pour « escroqueries » et « abus de biens sociaux » lors des élections de 2014 (municipales, européennes et sénatoriales) et de 2015 (départementales).

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Voilà Frédéric Chatillon encore mis en examen. Ce vieil ami de Marine Le Pen, au cœur du dispositif de communication du Front national avec ses sociétés depuis 2011, a été mis en examen dans l’enquête sur le financement des campagnes frontistes en 2014 et en 2015. Cette mise en examen, dont Le Monde s’est fait l’écho, a eu lieu le 15 février pour « abus de biens sociaux ». Elle intervient dans le cadre d’une nouvelle enquête ouverte le 26 octobre sur les élections municipales et européennes de 2014, ainsi que sur les départementales de 2015, et dont Mediapart avait révélé l’existence.

En octobre dernier, cet ancien chef du GUD – un groupuscule étudiant d’extrême droite – a déjà été renvoyé devant le tribunal correctionnel pour répondre de son rôle dans le financement de la campagne des législatives de 2012, avec notamment le Front national et deux de ses dirigeants, le trésorier Wallerand de Saint-Just et le vice-président Jean-François Jalkh (lire notre article et notre dossier sur l’affaire « Jeanne »).

La justice soupçonne le Front national d’avoir mis en place, par le biais des kits de campagne fabriqués par Riwal, une escroquerie au préjudice de l’État, qui rembourse les frais de campagne, en usant notamment de surfacturations (lire les détails de l'affaire ici). Elle reproche également à Frédéric Chatillon d’avoir mené grand train grâce à ces montages. Une seconde enquête a été ouverte le 26 octobre sur les élections municipales, européennes, sénatoriales et départementales, puis, le 9 novembre, une troisième, encore au stade préliminaire, concernant cette fois les régionales de 2015.

Frédéric Chatillon a été mis en examen le 15 février, car les juges soupçonnent sa société Riwal d’avoir accordé un crédit fournisseur au parti frontiste à travers Jeanne, le microparti de Marine Le Pen. Mais selon la justice, cette opération s’apparente à un financement politique par une personne morale, ce qu’interdit le code électoral. En clair, le Front national, Frédéric Chatillon et Jeanne ont poursuivi en 2014 et 2015 le même système de financement qu’en 2012. S’ils estiment, eux, qu’il est légal, la justice ne semble pas de cet avis.

La mise en examen de Frédéric Chatillon intervient alors que l’enquête sur les soupçons d’emplois fictifs d’assistants de députés FN au Parlement européen s’est accélérée la semaine dernière. Le siège du Front national a été perquisitionné pour la seconde fois et la cheffe de cabinet de Marine Le Pen, Catherine Griset, a été mise en examen.

Convoquée le 22 février par les enquêteurs, la présidente du Front national a refusé de se rendre à la convocation (lire notre article). « Je ne répondrai pas pendant la campagne électorale, cette période ne permettant ni la neutralité ni la sérénité nécessaires au fonctionnement correct de la justice », a-t-elle expliqué.

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