Vive l'impôt!

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Coup sur coup, la Cour des comptes et les commissions de l'Assemblée nationale viennent de publier trois rapports sur le système français des prélèvements dont les conclusions convergent: la France a conduit une politique à marche forcée de baisse des impôts et des cotisations qui menace les équilibres financiers mais tout autant les équilibres sociaux. Trois rapports qui invitent la droite et la gauche à un grand débat: comme le préconise l'économiste Thomas Piketty, ne faut-il pas envisager une véritable « révolution fiscale »?

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« Pour l'entretien de la force publique, et pour les dépenses d'administration, une contribution commune est indispensable : elle doit être également répartie entre tous les citoyens, en raison de leurs facultés. » C'est assurément un paradoxe français. La déclaration des droits de l'homme et du citoyen, et notamment son article 13, depuis la Révolution française, figurent parmi les principes fondateurs de la République. Mais depuis le milieu des années 1980, l'antifiscalisme fait des ravages en France. Sous la droite comme sous la gauche, le «moins d'impôt » est devenu la pierre angulaire de toutes les politiques fiscales. Au point que le système français des prélèvements obligatoires est devenu au fil des ans un champ de ruines, sur lequel ont fleuri, comme du chiendent, inégalités et passe-droits.