Energie: la baisse de la demande est toujours taboue

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Dans un document d’orientation stratégique pour l’évolution du modèle énergétique, l’administration évite de planifier la baisse de la consommation, qu’il s’agisse de sobriété ou d’efficacité, pourtant votée avant l’été.

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À la veille de l’ouverture de la COP21, le sommet sur le climat, où la France en est-elle de sa transition énergétique ? À première vue, elle commence à se mettre en place. Mi-novembre, Ségolène Royal a présenté les premiers textes d’application de la loi de transition énergétique et pour la croissance verte : décrets sur les trois premiers budgets carbone, fixation du prix du CO2 à 30,5 euros la tonne en 2017 dans le budget. Pour la ministre de l’écologie et de l’énergie : la France se montre « exemplaire pour le climat » et en ordre de marche pour contribuer à l’action mondiale contre le dérèglement du climat.

Adoptée avant l’été, la loi de transition fixe l’objectif de réduire les gaz à effet de serre de 40 % en 2030 (par rapport à 1990). Elle demande aussi de baisser de 50 % la consommation finale d’énergie en 2050 (avec un seuil intermédiaire de – 20 % en 2030). Si la France y parvient, cela marquera un changement profond pour l’économie et la société. Pour y arriver, il est indispensable d’établir des trajectoires de diminution de la demande énergétique. C’est le rôle imparti à un document de planification, créé par la loi : la programmation pluriannuelle énergétique (PPE). Elle fixe les priorités d’action des pouvoirs publics et remplace la programmation des investissements dans la production d’électricité (PPI). La nouveauté, c’est que l’État pense ensemble l’offre et la demande, dans le souci de réduire la consommation énergétique.