A Ajaccio, des manifestations virent à l'«expédition punitive» contre des musulmans

Par et

Un rassemblement d'environ 600 personnes, en soutien à deux pompiers et un policier agressés la veille, a dégénéré à Ajaccio (Corse-du-Sud), vendredi 25 décembre. Plusieurs individus ont attaqué une salle de prière musulmane et tenté de brûler des exemplaires du Coran. Samedi, un nouveau rassemblement, débuté dans le calme, a tourné à l’émeute. Après la victoire des nationalistes aux territoriales, la France semble redécouvrir les blessures identitaires de son île.

La lecture des articles est réservée aux abonnés.

« Nous avons un gros problème dans ce pays et la Corse en est une triste illustration : une haine puissante, attisée par des esprits radicalisés mais aussi par des politiques, menace notre unité. Elle revendique une terre exclusivement chrétienne et condamne ce qui serait une islamisation rampante de la société française. Cela donne le saccage d’une salle de prière dans ma ville mais aussi l’agression par des élus de la République à l’Assemblée de Latifa Ibn Zaten, la mère d’une des victimes de Mohamed Merah, parce qu’elle porte un foulard. » Laurent Marcangeli, le député et maire LR (ex-UMP) d’Ajaccio (Corse-du-Sud), cherche les mots, ce samedi matin, pour « expliquer l’impensable » et « condamner des actes contraires à la vraie Corse ».