Nouvelle-Calédonie: «C’est notre terre. Et c’est eux qui vont diriger nos vies?»

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Fin décembre, à la demande de la mairie de Nouméa, Gilda et son mari devront quitter le “quartier d’habitat spontané” où ils ont construit leur maison et toute leur vie. Le modèle que bon nombre de Kanak ont choisi symbolise le dialogue de sourds qui perdure entre populations européennes et océaniennes.

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Nouméa (Nouvelle-Calédonie), envoyée spéciale.– Elles sont parties, les unes après les autres. De la vingtaine de familles qui vivaient encore, il y a quelques mois, dans le squat de la vallée de Sakamoto, non loin du centre-ville de Nouméa, il n’en reste aujourd’hui qu’une : celle de Gilda. « Plus pour longtemps, soupire cette dernière, installée à l’entrée de sa maison, faite de tôle et de bois, où elle vit avec son mari. On doit partir fin décembre. La mairie veut qu’on aille vivre dans un appartement du quartier Magenta. » C’est là-bas, dans l’un des grands ensembles de la ville, semblables à ceux que l’on connaît en métropole, qu’ont été relogés une partie de leurs anciens voisins.