Supiot: «La rage sourde engendrée par l’injustice fait ressurgir le césarisme»

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Dans sa leçon de clôture, publiée aux éditions du Collège de France, le spécialiste du droit du travail Alain Supiot alerte sur les conséquences de la déréglementation sociale. Il fait valoir que trop d’injustices engendrent « un tel mécontentement que la paix et l’harmonie universelles sont mises en danger ».

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«J’ai presque honte de devoir rappeler ces données élémentaires »… Le Collège de France est ordinairement un lieu où les professeurs qui y exercent ne laissent pas libre cours à leurs émotions ou leurs humeurs mais dispensent froidement leur savoir. À lire le dernier petit livre d’Alain Supiot, Le travail n’est pas une marchandise. Contenu et sens du travail au XXIe siècle (Éditions du Collège de France, 68 pages, 6,80 €), qui est en fait la leçon de clôture prononcée par lui le 22 mais 2019, on devine pourtant que le titulaire de la chaire « État social et mondialisation » a parfois les plus grandes peines du monde à contenir sa colère face aux bouleversements du modèle social. Aux formules distillées ici ou là, on mesure l’effet de sidération que suscite l’actualité sociale contemporaine, passablement délétère, chez ce juriste, philosophe du droit, spécialiste du droit du travail et du droit de la Sécurité sociale.