Face aux médias, le FN entre censure et tentative d’instrumentalisation

Par et Caroline Monnot

Pendant cette campagne, le Front national a élargi sa « liste noire » des médias interdits de suivre Marine Le Pen, confortant son attitude paradoxale : d’un côté il effectue un tri des journalistes, de l’autre il mène une stratégie de « dédiabolisation » qui passe beaucoup par l’utilisation des médias. Récit de deux journalistes ayant couvert le FN, Caroline Monnot (Le Monde) et Marine Turchi (Mediapart).

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Depuis plusieurs années, le Front national a interdit l’entrée de ses événements publics à Mediapart et  à l’émission « Quotidien » (ex-« Petit Journal »). Dans ses villes, des journalistes sont régulièrement refoulés. Pendant cette campagne, le parti d’extrême droite a de nouveau décidé de choisir les médias autorisés à suivre Marine Le Pen : plusieurs titres de presse ont ainsi vu leurs journalistes tenus à l’écart de toute information et de toute possibilité de suivi sur le terrain de la candidate frontiste. Une entrave à la liberté d’informer que 34 rédactions ont dénoncée dans un communiqué commun, le 28 avril.