Attentat au hachoir: l’auteur présumé était «en colère» contre les caricatures du Prophète

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L’auteur présumé de l’attaque au hachoir devant les ex-locaux de Charlie Hebdo devait être déféré mardi après-midi en vue de sa mise en examen pour « tentative d’assassinats » terroristes. Il a justifié son passage à l’acte en raison de la nouvelle publication des caricatures du Prophète.

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L’auteur présumé de l’attentat au hachoir devant les ex-locaux de Charlie Hebdo devait être présenté cet après-midi à un juge d’instruction en vue de sa mise en examen pour « tentative d’assassinat en relation avec une entreprise terroriste » et « association de malfaiteurs terroriste criminelle ». 

En fin de garde à vue, il aurait avoué s’appeler Zaheer Hassan Mahmoud et être né au Pakistan en 1995. Confronté à un document pakistanais retrouvé dans son téléphone, « il a finalement reconnu qu’il s’agissait de sa véritable identité et qu’il était âgé de 25 ans », a expliqué le procureur national antiterroriste Jean-François Ricard lors d’une conférence de presse ce mardi.

Le suspect de cet attentat, qui a fait deux blessés graves, un homme et une femme employés de l’agence de presse Premières Lignes, affirmait initialement s’appeler Hassan Ali et être né en 2002 au Pakistan, identité sous laquelle il avait bénéficié de l’aide sociale à l’enfance à son arrivée en France en 2018. Le procureur a confirmé que le suspect « était totalement inconnu de l’ensemble des services de renseignement » sous ses deux identités.

Toujours selon Jean-François Ricard, Zaheer Hassan Mahmoud a « de manière constante reconnu la matérialité des faits », et s’est dit « en colère » après avoir regardé « ces derniers jours des vidéos en provenance du Pakistan » concernant la publication et la republication par Charlie Hebdo des caricatures de Mahomet, le 2 septembre, à la veille de l’ouverture du procès des attentats de janvier 2015.

Comme Mediapart l’avait raconté, le suspect avait reconnu les faits au moment de son interpellation. Il a continué à assumer en garde à vue, n’a exprimé aucun remords, bien au contraire. D’après une source proche du dossier, il aurait même annoncé son intention de recommencer.

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Zaheer Hassan Mahmoud a effectué des repérages les 18, 22 et 24 septembre dans la rue Nicolas-Appert, tout en ignorant que la rédaction de l’hebdomadaire satirique avait déménagé depuis la tuerie des frères Kouachi…

Le 25 septembre au matin, il achète un hachoir, un marteau et des bouteilles de white spirit, son projet initial était d’entrer dans les locaux du journal, si besoin à l’aide du marteau, et d’incendier la rédaction.

À 11 h 33, il se présente devant l’entrée de l’immeuble, vêtu d’un sweat gris et de baskets rouges. Il aperçoit une femme et un homme de 28 et 32 ans en train de fumer.

« Il a pensé qu’ils travaillaient pour [Charlie Hebdo] et a décidé de les attaquer », a affirmé le procureur Ricard. Il sort alors le hachoir de son sac à dos et s’en prend aux malheureux fumeurs. « L’agression d’une extrême violence » dure quinze secondes. C’est suffisant pour occasionner des plaies et fractures au visage de la femme et des fractures au crâne de l’homme qui est toujours dans « un état très grave », selon le magistrat. 

L’auteur sera lui arrêté deux heures plus tard à la station de métro Bastille, en possession d’un briquet et d’un couteau.

Le procureur Ricard a justifié la saisine du Parquet national antiterroriste (PNAT) en raison du lieu (les anciens locaux de Charlie Hebdo), de la temporalité (en plein procès des attentats meurtriers) et du contexte de menaces (depuis la republication des caricatures). En revanche, le magistrat a souligné qu’« aucune allégeance à aucun groupe en particulier » n’avait été retrouvée sur lui ou en perquisition. Son attaque est survenue dans un contexte de tensions après de nouvelles menaces d’Al-Qaïda visant Charlie Hebdo.

Les dix personnes ayant été placées en garde à vue jusque-là dans cette enquête ont toutes été remises en liberté.

Parmi celles-ci, l’homme présenté un temps comme le « deuxième suspect » interpellé après les faits, « Youssef », un Algérien de 33 ans placé en garde à vue vendredi midi et relâché le soir même, et qui a, en réalité, fait « preuve d’un grand courage en tentant d’attraper le mis en cause pour l’arrêter », selon le procureur antiterroriste.

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