Pierrefitte-sur-Seine, un désert médical à 14 kilomètres de Paris

Par

L’Ile-de-France, région la plus peuplée, voit se multiplier les zones où l’accès aux soins recule à une vitesse affolante. Ainsi Pierrefitte-sur-Seine, en Seine-Saint-Denis, a-t-elle perdu le tiers de ses généralistes libéraux. Le projet de loi de santé, dont l’examen débute à l’Assemblée nationale ce 31 mars, n’aborde pas le sujet.

La lecture des articles est réservée aux abonnés.

« J’ai eu droit au burn-out moi aussi. J’étais prêt à me barrer, encore tout récemment. Mes patients sont reconnaissants, ils me disent que je suis courageux, mais ce n’est pas suffisant. Je ne peux pas continuer à travailler comme un fou, jusqu’à en perdre la santé. » Pascal Chaufourier, médecin généraliste de 53 ans, est installé dans un cabinet médical au rez-de-chaussée d’un des immeubles de la cité des Joncherolles, à Pierrefitte-sur-Seine (93). Il est énergique et en colère. Alors qu’il fait visiter son cabinet médical tout neuf, il se prend toute la gorge entre les mains et dit : « On n'est pas aidés… » Il est 14 heures, il reprend sans tarder ses consultations. Une dizaine de personnes attendent déjà dans la vaste salle d’attente du cabinet. Y travaillent trois infirmiers libéraux, une psychologue et deux médecins libéraux. Deux secrétaires se relaient pour accueillir les patients, de 8 h 30 à 19 h 30, et noircir le cahier des consultations. La salle d’attente ne désemplit jamais, le téléphone sonne sans arrêt. Nathalie, la secrétaire médicale, estime que chaque médecin voit « 45 à 50 patients par jour, sans compter les appels ».