A la frontière gréco-macédonienne, le «tri» des migrants profite aux réseaux mafieux

Par et Laurent Geslin et Simon Rico

Alors qu'un froid polaire règne depuis la mi-janvier sur l'Europe du Sud-Est, 1 000 à 3 000 réfugiés s’engagent tous les jours sur la « route des Balkans » pour gagner l'Europe occidentale. Les gouvernements et les ONG redoutent une nouvelle augmentation de ces flux dès le retour de températures plus clémentes, alors que des milliers de « migrants économiques », désormais illégaux, errent dans la région.

La lecture des articles est réservée aux abonnés.

Macédoine, de nos envoyés spéciaux.- La flamme d'une bougie vacille dans l'obscurité. Quelques morceaux de tissus ont été tendus pour voiler une fenêtre brisée par laquelle s'engouffre le vent glacial qui descend des montagnes de la Macédoine voisine. Pour tenter d'endiguer le flux de candidats à l'exil, les autorités de Skopje ont posé des barbelés tout le long de la frontière méridionale du pays. Depuis le 18 novembre, seuls les ressortissants d'Afghanistan, d'Irak et de Syrie ont la permission de s’engager dans le « corridor » qui conduit vers la Serbie, la Croatie, la Slovénie puis l’Autriche. Le statut de réfugiés est systématiquement refusé aux citoyens de toutes les autres nationalités, désormais considérés comme des « illégaux ».