Turquie: Erdogan contre la démocratie

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Le président turc et son premier ministre ont gagné leur pari : ils ont regagné les voix qui leur avaient manqué lors du scrutin précédent de juin, mais cela s'est fait par une politique pyromane et le musellement des médias. Désormais, ils veulent s'attaquer à la Constitution avec les mêmes méthodes.

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« Aujourd’hui est un jour de victoire pour la démocratie », a déclaré, après la publication des résultats législatifs du 1er novembre 2015, le premier ministre sortant et chef de l’AKP, Ahmet Davutoglu. En raflant 316 sièges sur 550, le Parti de la justice et du développement (AKP) obtient une confortable majorité absolue dans le nouveau parlement. Mais pour la démocratie turque, il s’agit d’une défaite. Si le verdict des urnes n’est globalement pas contestable, les deux « campagnes électorales » que la Turquie vient de traverser s’apparentent plus à un coup d’État civil qu’à un débat démocratique.