Au Burkina, Blaise Compaoré échappe au procès de sa soif de pouvoir

Trente-deux ministres doivent être jugés à partir de lundi 8 mai, à Ouagadougou. La justice leur reproche d’avoir fait appel à l’armée pour mettre fin aux manifestations contre la volonté du président Compaoré de prolonger encore son mandat. La répression aurait fait jusqu’à une vingtaine de morts. Mais Compaoré, lui, coule des jours tranquilles en Côte d’Ivoire.  

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C’est un procès exemplaire qui doit débuter ce lundi 8 mai, après deux récents reports, devant la Haute cour de justice du Burkina Faso, à Ouagadougou, la capitale. Une fois n’est pas coutume, il n’y aura, à la barre, aucun lampiste. Seuls les « grands quelqu’un », ces « importants » qui n’ont guère été habitués à devoir répondre de leurs actes, s’y succéderont. Les 32 prévenus étaient tous ministres lors de l’insurrection populaire qui, les 30 et 31 octobre 2014, a violemment mis fin au règne de Blaise Compaoré et, par là même, à leurs privilèges. Poursuivis pour « complicité de coups et blessures volontaires » et « complicité d’homicide volontaire », ils devront expliquer pourquoi, à la veille de l’insurrection, lors du conseil des ministres, ils ont approuvé à l’unanimité, et en connaissance de cause, le choix de faire appel à l’armée pour contenir la colère du peuple, et, en l’occurrence, la réprimer dans le sang.

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