Brésil: les «nouveaux prolétaires» feront l'élection présidentielle

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Dilma Rousseff sera-t-elle réélue présidente, alors que se tient dimanche le premier tour de l'élection ? Pour André Singer, inventeur à São Paulo du concept du « lulisme », ce sont les quarante millions de personnes sorties de la pauvreté ces dix dernières années qui feront le scrutin. Soutiendront-elles encore le Parti des travailleurs, ou opteront-elles pour le programme libéral de Marina Silva ? Explications.

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Rio de Janeiro, de notre correspondante. Comment séduire les Brésiliens de la petite classe moyenne ? À la veille du premier tour de l'élection présidentielle, dimanche 5 octobre, c’est la question qui taraude les candidats. Cette population, qui s’est hissée au-dessus du seuil de pauvreté au cours de la décennie passée, sera l’arbitre du scrutin. C’est ce que soutient André Singer, professeur de sciences politiques à l’université de São Paulo et inventeur de la théorie du « lulisme ». Selon cette théorie, la réussite électorale de l’ex-président Luiz Inacio Lula da Silva et plus largement des candidats du Parti des travailleurs (PT), qui appuient aujourd’hui la réélection de Dilma Rousseff, s’explique par une stratégie de réduction graduelle des inégalités sans affrontement politique.