La police traque les anti-G20

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Un jeune Français doit être transféré en Allemagne vendredi 5 octobre pour être jugé de faits que la police l’accuse d’avoir commis à Hambourg lors des émeutes anti-G20 en juillet 2017. Des legal teams et des avocats s’inquiètent de la difficulté à assurer la défense de militant·e·s politiques en Europe.

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Nancy (Meurthe-et-Moselle), envoyée spéciale.- Un toit rouge, un parterre de gazon, des arbustes et des massifs fleuris. C’est une maison semblable à celles des voisin·e·s de ce quartier résidentiel de Laxou, dans la proche banlieue de Nancy. Une demeure familiale, avec piano dans le salon et chambres des enfants à l’étage. C’est là que le 18 août des policiers cagoulés ont déboulé pour arrêter un jeune homme, Loïc Schneider, recherché pour sa participation supposée aux émeutes qui ont secoué la ville allemande de Hambourg contre le sommet du G20, en juillet 2017. Visé par un mandat d’arrêt européen, il se cachait des forces de l’ordre depuis une première tentative d’arrestation le 29 mai, déjà au domicile de ses parents. Incarcéré depuis à la prison de Nancy-Maxéville, il doit être transféré en Allemagne vendredi 5 octobre, afin d’être entendu par la justice. Son avocat, Étienne Ambroselli, s’inquiète : « À partir du moment où il part en Allemagne, alors que je suis son avocat, je n’ai plus aucune prise sur rien. Loïc va se retrouver perdu dans un pays dont il ne parle pas la langue, alors qu’il n’est pas condamné. Les arrestations dans le cadre d’un mandat d’arrêt européen ne sont pas nouvelles. Elles sont régulièrement sanctionnées par la Cour européenne de justice comme portant atteinte à la vie privée et aux droits de la défense. »