Etat fédéral ou Etat centralisé, le dilemme du Sri Lanka

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La petite île de l’océan Indien souhaite se doter avant fin 2016 d’une nouvelle Constitution. Un projet qui réveille les tensions entre la majorité cinghalaise et les minorités tamoule et musulmane, alors que les plaies ouvertes par trente ans de guerre civile ne sont pas refermées.

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À la tête de la province du nord du Sri Lanka depuis bientôt trois ans, C.V. Vigneswaran connaît le poids des mots. Cet ancien juge à la Cour suprême de Colombo a fait adopter par son gouvernement, vendredi 29 avril, une résolution appelant à « une solution fédérale » aux problèmes que rencontre la communauté tamoule, majoritaire dans la région, déclenchant la colère d’une frange des Tamouls eux-mêmes. « Les gens ont trop souffert, ils vivent aujourd’hui en harmonie avec le peuple cinghalais et veulent faire partie d’un pays unifié », ont expliqué ceux qui pensent que fédéralisme rime avec séparatisme. Mais C.V. Vigneswaran s’est surtout attiré les foudres des Cinghalais, qui représentent 80 % de la population du pays. Ces derniers ont aussitôt saisi la Cour suprême, estimant que cette proposition d’État fédéral risquait d’entraîner « une division » de l’île et « la résurgence du terrorisme », comme au temps de la guerre civile, qui a ravagé le pays de 1983 à 2009.