Révolution par les urnes au Népal

Au Népal, les électeurs ont voté en masse jeudi 10 avril, lors d'un scrutin historique pour élire une Assemblée constituante qui devrait aboutir à la proclamation de la République. Les Nations unies ont salué « l'enthousiasme écrasant » des Népalais alors que le roi maudit Gyanendra se verra bientôt obligé d’abdiquer. Au dernier pointage, lundi 14 avril, les maoïstes confortent leur avance avec 101 sièges, le Parti communiste (marxiste-léniniste unifié) obtient 24 sièges, le Congrès du Népal 30 sièges et le Forum des droits du peuple Madheshi 15 sièges.

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La monarchie moribonde au Népal s'incline devant la révolution institutionnelle népalaise. Avec l'élection, jeudi 10 avril, d'une Assemblée constituante de 601 membres, c’en est fini de la monarchie. Imposé par les maoïstes comme condition à l'abandon de la guérilla, l’abolition de ce régime, vieux de 240 ans, sera la première tâche des députés.
Les résultats définitifs ne seront pas connus avant plusieurs semaines, en raison d’un complexe double mode de scrutin majoritaire et proportionnel. Pourtant, grâce à la participation d’environ 60% des 17,6 millions d'électeurs, les six partis népalais et les maoïstes, qui ont signé la paix à l’automne 2006, sont assurés de mettre fin à la seule monarchie hindouiste au monde, et de faire entrer le pays en République. Le soulèvement démocratique aura eu raison de l’impopulaire roi Gyanendra.
L’enjeu est de taille, car l’Assemblée constituante devra également, pour les générations à venir, mettre en place le futur système de gouvernement, ainsi qu'établir le cadre juridique des droits des communautés longtemps marginalisées par la monarchie. L'ancien président américain Jimmy Carter a qualifié cette élection comme étant la plus «transformatrice» des 70 élections que les équipes d’observateurs de son centre ont accompagnées depuis la création du Carter Centre.

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