Russie: la société civile russe est étouffée par un «régime de guerre»

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La pression s'accroît sur les ONG russes, dont beaucoup ont été classées « agents de l'étranger ». Cet hiver, l'une d'entre elles, Agora, est même passée par une liquidation judiciaire. Elle fournissait de l'aide juridique et avait pris la défense des cas les plus emblématiques de la répression à l'œuvre en Russie. Rencontre avec l'un de ses membres, Damir Gaïnoutdinov.

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Depuis quatre ans et la réélection de Vladimir Poutine comme président de la Fédération de Russie, les ONG sont dans le collimateur du Kremlin. Celles qui touchent un financement d'origine non russe ont d'abord été désignées, selon une loi de 2014, comme « agents de l'étranger » (les ONG ainsi dénommées sont listées sur le registre en ligne du ministère de la justice, on en compte 135 à ce jour). De nombreux membres de ces organisations ont ensuite été inquiétés par les autorités, certains finissant par quitter le pays, comme la militante antinucléaire Nadejda Koutepova (que Mediapart avait interviewée en octobre et qui vient d'obtenir l'asile politique en France) ou encore la journaliste Ioulia Berezovskaïa (que Mediapart avait également rencontrée à l'occasion d'un reportage sur les médias russes contraints à l'exil).