Algérie: l’armée passe en force pour organiser une élection présidentielle

Par Lofti Barkati

Alors que les Algériens ont repris leurs manifestations, l’armée et ce qu’il reste du pouvoir civil tentent de reprendre la main en mettant sur les rails l’organisation d’une élection présidentielle début décembre. Le processus s’accompagne d’une répression accrue à l’encontre des mouvements d’opposition et des médias de masse. En témoigne l'arrestation de Karim Tabbou, figure de proue du Hirak.

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C’est le retour des disparus ! On avait oublié ces derniers mois les derniers restes de pouvoir civil en Algérie, tant l'omniprésence du général Gaïd Salah, chef d'état-major de l'armée, suffisait à incarner la réalité du régime algérien depuis la mise à l'écart de Bouteflika en avril dernier. Or après des semaines de silence, revoici le président « post-intérimaire » Abdelkader Bensalah, le premier ministre Nouredine Bedoui et des ministres dont chaque sortie publique provoque la fureur des foules. Revoici même l'Assemblée nationale, instance mise en sommeil depuis le printemps dernier, et tout à coup convoquée en urgence pour adopter à la hussarde deux projets de loi.