Les eurodéputés toujours divisés sur un registre européen des passagers

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Les capitales, Paris en tête, veulent au plus vite un registre européen des passagers aériens, pour mieux repérer les comportements d'individus à risque. À Strasbourg, où le texte est bloqué depuis 2011, le débat était vif ce mardi.

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De notre envoyé spécial à Bruxelles. Nicolas Sarkozy en a fait une « priorité absolue », lundi sur RTL. Au même moment, Laurent Fabius tenait à peu près le même discours sur France Inter : « Il y a un texte, il est bloqué au parlement européen. (…) Une évolution me paraît indispensable. » Les deux responsables font référence à un vieux serpent de mer bruxellois : une directive « PNR » (pour passenger name record), en chantier depuis 2007, qui obligerait les compagnies aériennes à transmettre aux autorités européennes tout ou partie des données qu'elles récoltent sur leurs passagers, lors de l'achat des billets, à l'atterrissage ou au décollage de l'UE.

« Nous sommes toujours plus convaincus du besoin crucial et urgent de progresser vers l'établissement du cadre pour un PNR européen (…). Nous sommes disposés à progresser, à cette fin, dans une approche constructive avec le parlement européen », lit-on dans la déclaration signée dimanche, notamment, par 11 ministres européens de l'intérieur, à l'initiative de Paris. Ce registre doit permettre de mieux identifier « ceux qui se rendent sur le théâtre des opérations terroristes pour y combattre, qui en reviennent, et lutter contre toutes les filières terroristes organisées », a fait valoir Bernard Cazeneuve, ministre de l'intérieur.

Devant l'Assemblée nationale, mardi, Manuel Valls en a rajouté une couche : « J’appelle, de manière solennelle, dans cette enceinte, le Parlement européen à prendre, enfin, toute la mesure de ces enjeux et à adopter ce dispositif, comme nous le demandons depuis deux ans (…), car il est indispensable. Nous ne pouvons plus perdre de temps ! »