La perte du triple A français durcit la crise de la zone euro

Par

La perte du triple A de la France fragilise toute l'architecture construite dans la douleur et la précipitation par l'Union européenne, depuis deux ans, pour tenter de répondre à la crise. Et survient à un moment où le spectre du défaut grec resurgit. Etat des lieux.

La lecture des articles est réservée aux abonnés.

Standard & Poor's n'aura laissé que douze jours de répit en 2012, avant de frapper à nouveau, et d'aggraver encore un peu plus la crise de la zone euro. La France et l'Autriche se sont fait éjecter, vendredi soir, du club ultra-sélect des pays de la zone euro notés « triple A », la distinction suprême sur les marchés financiers. Il ne reste plus que l'Allemagne, la Finlande, le Luxembourg et les Pays-Bas à faire partie de l'élite financière. Soit quatre rescapés, sur un total de 17 pays : la zone euro a des allures de champ de ruines en ce début d'année.
Paris paie le coût de la crise, mêlée à la gestion hasardeuse de la présidence Sarkozy (lire les articles de Martine Orange et de François Bonnet, et le communiqué de l'agence). Vienne pâtit de son côté de ses liens bancaires étroits avec la Hongrie, qui menace de faire défaut d'une semaine à l'autre, mais aussi avec de ses activités économiques avec l'Italie – qui vient elle aussi d'être dégradée (lire le communiqué de l'agence). En tout, ce sont neuf pays de la zone euro que Standard & Poor's a dégradés vendredi. Une véritable claque, accompagnée d'abaissements de perspectives qui n'épargnent que l'Allemagne et la Slovaquie.
Preuve que l'heure est grave pour la zone euro, des proches d'Angela Merkel ont volé, vendredi soir, au secours de l'exécutif français, pour tenter de rassurer les marchés. « La France est sur la bonne voie », a affirmé Wolfgang Schaüble, ministre allemand des finances. Quant à Michael Fuchs, l'un des piliers de la CDU, et très proche de la chancelière, il s'en est pris sans détour aux agences : « Standard & Poor's doit arrêter de faire de la politique. Pourquoi ne passe-t-elle pas plutôt à l'action contre les Etats-Unis ou la Grande-Bretagne, tous deux extrêmement endettés ? » s'est-il interrogé, oubliant, peut-être, que la même agence avait dégradé, au cœur de l'été 2011, la note américaine.