Anvers. Entre les anges et le monde

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Albrecht Dürer séjourne à Anvers « rue des Anges » pendant des mois, en 1520, fasciné par les marchandises qui affluent de continents lointains. Comment ce laboratoire de la mondialisation est-il devenu le bastion de l’une des extrêmes droites les plus vivaces d’Europe, cinq siècles plus tard ? Quatrième étape de notre série dans les pas du peintre allemand.

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Anvers (Belgique). – C’est un dessin à la pointe d’argent qu’Albrecht Dürer a conservé pour lui. En mars 1521, alors qu’il vit à Anvers depuis huit mois, il fait le portait de « Katherina âgée de 20 ans », servante noire du représentant du Portugal à Anvers, João Brandão. Dans le journal, il écrit « sa maure ». Les rondeurs de ses joues et les ombres de son front sont rendues par une forêt de hachures. Le regard, intense, est baissé, comme celui d’une autre servante – blanche – qu’il a dessinée durant le voyage, le 6 décembre 1520.