A la frontière serbo-hongroise, c’est le « grand bricolage »

Par Philippe Bertinchamps

Alors que Budapest a fermé hermétiquement sa frontière avec la Serbie, des milliers de réfugiés se trouvent bloqués là. Certains ont d’ores et déjà pris l’autre route qui mène à l’Europe, via la Croatie, mais d’autres attendent, incertains, une éventuelle brèche.

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Horgos (Serbie), de notre envoyé spécial.- « Ouvrez la frontière ! » C’est devenu un rituel : toutes les deux heures, au pied de la muraille de fer et de barbelés qui sépare la Serbie et la Hongrie, des petits groupes de réfugiés lancent des slogans en anglais et en arabe. Ils scandent « Germany », ils brandissent un panneau en carton « Merkel » ou encore « Honte à l’Europe ». Depuis mardi, la frontière est hermétiquement fermée. De lourds panneaux mobiles bloquent l’accès à la Hongrie. La police monte la garde. Un hélicoptère survole la zone. Au milieu de l’autoroute, des centaines de personnes ont installé leur tente, offerte par des organisations humanitaires. En quelques heures, le no man’s land s’est transformé en camp de réfugiés. Le premier ministre hongrois Viktor Orban l’avait annoncé : ce 15 septembre est une date fatidique. L’état d’alerte a été proclamé dans tout le pays. Et l’état d’urgence dans les deux comitats jouxtant la Serbie. Plus aucun réfugié ne peut passer.