«L’Europe doit préparer sa défense à un grand changement»

Par


Le Brexit puis l’élection de Donald Trump obligent l’Europe de la défense à se redéfinir. Doit-elle se renforcer dans le cadre de l’Alliance atlantique ou au contraire déployer une structure propre qui impliquerait l’abandon d’une part des souverainetés nationales ? Entretien avec Claudia Major, spécialiste allemande des questions de défense et de sécurité européennes.

La lecture des articles est réservée aux abonnés.

Berlin (Allemagne), de notre correspondant.- Le vote britannique en faveur du Brexit, puis l’élection d’un président américain critique et versatile à propos de l’OTAN, ont aiguillonné une Europe de la défense qui, dans la foulée des crises ukrainienne et syrienne, est appelée à se redéfinir et à prendre ses responsabilités. Le nouveau secrétaire d’État à la défense américain, James Mattis, a d’ailleurs été clair mercredi 15 février à Bruxelles : les budgets de la défense européens doivent augmenter, sous peine d’encourir les foudres de Washington. Du côté des Européens, certains estiment que la requête américaine est pleinement justifiée, pendant que d’autres rejettent des conceptions de défense dominées par la vision militaire, au détriment des nombreux investissements civils et politiques pour la paix. Dans tous les cas, un débat houleux mais fondamental se profile. De quelle défense l’Europe a-t-elle besoin ? Et, si tant est qu’il existe un projet européen de défense clair, doit-il se développer au sein de l’OTAN, une structure éprouvée mais spécialisée dans l’action militaire ? Ou faut-il au contraire déployer une structure européenne qui reste à construire et implique l’abandon d’une part de sa souveraineté nationale ? Quoi qu’il arrive, « l’UE doit se préparer à un grand changement », estime Claudia Major, spécialiste des questions de défense et de sécurité européennes à la Fondation pour la politique internationale (SWP), principal think-tank allemand public. Entretien.