Les pays les plus pauvres incapables de profiter de leur croissance tonitruante

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Les Nations unies ne se font plus d'illusion : les 50 pays les plus pauvres de la planète ne parviendront pas à réduire de moitié leur taux de pauvreté d'ici à 2015, comme ils s'en étaient fixé l'objectif. Malgré des taux de croissance annuels records, qui frôlent les 7%... La Cnuced énonce ce sombre paradoxe dans un rapport publié ce jeudi 17 juillet à télécharger sur Mediapart. Et propose de revoir de fond en comble les pratiques d'aide au développement vers les pays du Sud.
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La Conférence des Nations unies sur le commerce et le développement (Cnuced) n'y est pas allée par quatre chemins. Dans son rapport annuel sur les «pays les moins avancés», publié ce jeudi 17 juillet et téléchargeable ici, l'organisme constate l'échec du développement des 50 pays les plus pauvres de la planète. La Cnuced en est convaincue, ils n'atteindront pas, d'ici 2015, les «objectifs du Millénaire» en matière de lutte contre la pauvreté. Et préconise un virage sur l'aide au développement : moins de social, plus de soutien à l'industrie.

 

La plupart des PMA sont situés en Afrique. Pour une présentation sommaire de cette catégorie à la pertinence discutable, lire sous l'onglet Prolonger.

 

La malédiction des matières premières, encore et encore
Les 50 «PMA» ont affiché en 2007 une croissance de 6,7%. Une performance record alimentée avant tout par les exportations (+80% en deux ans), elles mêmes dopées par la flambée des cours du pétrole et autres «commodities». Dans le détail, ce sont surtout les producteurs de pétrole et de minerais, comme l'Angola, le Tchad ou la Guinée, soutenus par la demande de l'Inde et de la Chine, qui contribuent à ces niveaux de croissance jamais vus depuis plus de 30 ans.

 

Inquiétude de la Cnuced : «Parallèlement à l'accélération de la croissance, la dépendance des PMA envers les matières premières s'est accrue depuis 2000». Plus loin dans le rapport : «La croissance des PMA ne s'accompagne pas d'un processus de diversification et de changement structurel». A cet égard, le décrochage se fait de plus en plus net entre PMA d'Afrique, très dépendants des produits primaires (92% de leurs exportations !), et PMA d'Asie (44%).

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