Plus de 78 000 migrants sont déjà arrivés sur les îles grecques depuis le début de l'année 2016. Dans le même temps, 428 personnes sont mortes au cours d'une traversée en mer Méditerranée. Les derniers chiffres de l'Organisation internationale pour les migrations (OIM) montrent que l'année 2016 démarre de manière encore plus intense que 2015. Les dirigeants européens, à quelques exceptions près, ont pourtant fait jusqu'à présent preuve d'une grande frilosité pour accueillir comme il se doit ces dizaines de milliers de personnes fuyant des zones de conflit, et la Grèce, première porte d'entrée de l'Union européenne (UE), est stigmatisée par les autorités bruxelloises. Le Conseil européen qui se tient jeudi 19 et vendredi 20 février verra-t-il une inflexion ? Le lancement, en fin de semaine dernière, d'une opération de l'Otan au large de la Turquie ne va guère dans ce sens : il montre que la question des réfugiés est abordée, une fois de plus, sous l'angle de la surveillance des frontières.