A Varsovie, le pouvoir veut créer un «Etat nouveau»

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À Varsovie, un pouvoir en pleine dérive (2/2). Le parti Droit et Justice (PiS) s’est fait élire en octobre 2015 sur un programme de refonte intégrale de l’État polonais. Deux ans et quelques avertissements de la Commission européenne plus tard, il veut encore réformer la presse ou l’université…

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Varsovie (Pologne), de notre envoyée spéciale.-  Discuter avec les gens au pouvoir à Varsovie, c’est aussi comprendre le ciment idéologique de ce parti, le PiS (Droit et Justice), né en 2001 de la rancœur des frères Kaczyński d’avoir été écartés du pouvoir pendant la transition démocratique du pays : un nationalisme pur et dur, nourri d’anticommunisme et alimenté par la vision d’une Pologne héroïque qui ne se souvient guère des pages sombres de son passé. « Nous sommes une nation historique, indépendante, libre, non objet de l’Europe, mais sujet, explique le sénateur et historien Jan Żaryn. Si nous sommes fiers de cet héritage, alors nous vaincrons. Sinon, nous ne serons qu’une somme d’individus non liés entre eux. » Autre point très important du programme de Droit et Justice, poursuit le sénateur, dans une amnésie totale de l’histoire juive polonaise : « L’Histoire nous dit que nous sommes catholiques, chrétiens. Le programme du parti peut être résumé ainsi : Dieu, honneur, patrie. »