Li Kunwu: «Il aurait été impensable de dessiner comme je le fais à l’époque de la révolution culturelle»

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L'auteur chinois de bandes dessinées racontant des pans entiers de l'histoire de son pays est l'objet d'une exposition, qui met en valeur son évolution et son talent d'artiste.

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La bande dessinée documentaire ou de reportage est devenue, depuis une quinzaine d’années, un créneau particulièrement à la mode dans le 9e art, mais peu d’auteurs possèdent l’ampleur et le talent artistique de Li Kunwu. La biographie de cet auteur chinois de soixante ans (il est né en 1955 dans le Yunnan, au sud du pays) se confond avec les soubresauts et les bouleversements de son pays. Ce n’est donc pas un hasard s’il a commencé à se faire connaître, il y a une demi-douzaine d’années, avec son autobiographie dessinée, Une vie chinoise, qui nous entraîne pendant plus de 700 pages dans sa propre histoire, laquelle se confond avec celle de dizaines de millions de ses concitoyens qui, comme lui, sont passés par le « grand bond en avant », la révolution culturelle, l’Armée rouge, la démaoïsation de Deng Xiaoping et aujourd’hui « le temps de l’argent », selon le titre du troisième tome de sa saga. Traduit en 14 langues, ce récit, qui donne à découvrir autant la « grande » histoire que la petite, lui a permis de percer sur le marché international et de continuer à publier d’autres livres, plus personnels (Les Pieds bandés, sur sa nourrice) ou sur des aspects moins connus du passé de son pays (Cicatrices, La Voie ferrée au-dessus des nuages).