En Tunisie, un chef de gouvernement pragmatique en quête de consensus

Par

Elyes Fakhfakh, ingénieur de formation et ex-ministre des finances, a été désigné lundi 20 janvier par le président Kaïs Saïed pour former un gouvernement. Il dispose d’un mois pour soumettre une équipe à l’Assemblée.

La lecture des articles est réservée aux abonnés.

Tunis (Tunisie), correspondance.– À 48 ans, Elyes Fakhfakh, ingénieur de formation et fan de la bière nationale Celtia, comme il le confiait lors de la campagne présidentielle, est passé en quelques mois d’ex-candidat à la présidentielle – il a obtenu 0,34 % des voix – à chef du gouvernement désigné lundi par le président Kaïs Saïed. Lors des débats télévisés, il est apparu comme une figure « sereine et lucide », affirme Elyes Ghanmi, ancien militant de son parti Ettakatol. Malgré son faible score et l’absence totale de son parti au Parlement, cet ancien ministre des finances sous la « troïka » (la coalition tripartite au pouvoir de 2011 à 2014, composée des partis Ennahda, Ettakatol et CPR) pourrait tirer son épingle du jeu grâce à son profil de « militant politique et fédérateur », juge M. Ghanmi. « Il a pour lui la légitimité historique du parti Ettakatol, un parti de centre-gauche qui a milité sous Ben Ali, et puis c’est quelqu’un qui est habitué de la politique tunisienne. Il a plusieurs fois eu affaire au parti Ennahda lorsqu’il était ministre, il est pragmatique. »