Trois Palestiniens tués lors d'affrontements à Jérusalem

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La tension monte dans la vieille ville de Jérusalem après que Netanyahou a décidé d'installer des portiques de sécurité aux entrées de l’esplanade des Mosquées, le 16 juillet. Des heurts ont éclaté ce vendredi après la grande prière des musulmans, au cours desquels trois Palestiniens ont perdu la vie. 

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Des affrontements ont éclaté près du vieux Jérusalem, après la grande prière du vendredi. Au moins trois Palestiniens ont été tués lors de manifestations contre le renforcement des mesures de sécurité dans la vieille ville de Jérusalem, décidé par Israël. Des détecteurs de métaux ont notamment été installés par les autorités israéliennes sur plusieurs entrées de l’esplanade des Mosquées. Et ce vendredi 21 juillet au matin, son accès a été interdit aux Palestiniens de moins de 50 ans.

Le ministère palestinien de la santé a annoncé la mort d'un jeune de 17 ans, d'un autre de 18 ans et d'un troisième dont l’âge n’est pas connu. Deux au moins ont été tués par balles dans deux quartiers de Jérusalem-Est relativement éloignés du sanctuaire. On ignore la provenance des tirs, mais certains médias rapportent qu’un des jeunes hommes a été tué par un colon israélien. Selon Al-Jazeera, des officiels de l’hôpital de Jérusalem ont eux indiqué qu’un des Palestiniens avait été tué par des tirs durant les manifestations qui ont suivi la prière du vendredi. La dixième chaîne israélienne a également annoncé la mort d'un enfant de huit ans asphyxié par des gaz lacrymogènes, qui n'a pas pu être confirmée.

Des Palestiniens priant dans une rue près d'un barrage routier à l'extérieur de la vieille ville de Jérusalem, ce 21 juillet 2017. © REUTERS/Ronen Zvulun Des Palestiniens priant dans une rue près d'un barrage routier à l'extérieur de la vieille ville de Jérusalem, ce 21 juillet 2017. © REUTERS/Ronen Zvulun
Des dignitaires musulmans et certaines factions politiques palestiniennes avaient appelé les fidèles à se rassembler ce vendredi pour une « journée de colère » contre les nouvelles mesures de sécurité qui contreviennent, selon eux, aux accords régissant les lieux depuis plusieurs décennies.

Depuis dimanche 16 juillet, les Palestiniens se mobilisent contre l’installation de détecteurs de métaux à l’entrée de l’esplanade des Mosquées, située dans la vieille ville. Abritant la mosquée Al-Aqsa et le Dôme du rocher, elle constitue le troisième lieu saint de l’islam. L’endroit est également sacré pour les juifs puisqu’il s’agit du mont du Temple, en contrebas duquel se situe le mur des Lamentations. Des confrontations quotidiennes ont eu lieu cette semaine entre des manifestants palestiniens lançant des pierres et des policiers israéliens armés de grenades assourdissantes.

Les détecteurs de métaux ont été installés après que deux policiers israéliens ont été tués vendredi 14 juillet par trois Arabes israéliens, abattus par la suite. Selon la police, ces derniers venaient de l’esplanade des Mosquées. À la suite de cet événement, Benjamin Netanyahou avait donc décidé d’installer des portiques de sécurité aux entrées du lieu saint. Sans consulter le Waqf, l’organisme palestinien chargé des biens musulmans. D’après France 24, les responsables de cette organisation ont d’ailleurs refusé d’entrer sur l’esplanade en franchissant ces détecteurs cette semaine. « Nous n’accepterons pas qu’Israël crée un précédent », expliquait Nasser Najib, un des gardiens employé par le Waqf depuis 31 ans, à la chaîne d'information internationale. Plusieurs centaines de fidèles musulmans se sont rassemblés aux différentes entrées du sanctuaire avant la prière du vendredi matin mais ont refusé de pénétrer dans les lieux, préférant suivre le service depuis l'extérieur des bâtiments.

Les Palestiniens craignent qu’Israël ne finisse par prendre le contrôle exclusif de l’esplanade des Mosquées. Or, comme l’écrit Le Monde, « privés de toute perspective politique et de l’émergence d’un véritable État, soumis depuis cinquante ans au régime d’occupation, ils voient le lieu saint comme le cœur battant de leur identité, un rare havre de paix et un lopin de souveraineté menacé, dans une ville annexée par Israël depuis 1967. C’est particulièrement vrai à Jérusalem-Est, où la population palestinienne vit dans une sorte de trou noir, délaissée par tous. Elle ne relève pas de l’Autorité palestinienne, tandis que la mairie de Jérusalem la néglige ».

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