Les soucis indiens de Facebook ne s’arrangent pas

Par

Le réseau social américain s’entête à vouloir déployer son “Internet pour les pauvres” dans un pays attaché, plus que d’autres, à la neutralité du Net. Il est accusé par l’autorité indienne de régulation des télécoms de manipuler le sondage officiel en cours auprès de l’opinion publique.

La lecture des articles est réservée aux abonnés.

Jusqu’où Facebook ira-t-il pour attirer à lui les 300 millions d’Indiens qui accéderont pour la première fois à Internet dans un avenir proche ? C’est parce qu’il compte “seulement” 138 millions d’abonnés dans un pays de presque 1,3 milliard d’habitants que le géant américain mène actuellement une offensive inédite, à coups de placards publicitaires dans les médias qui lui auraient coûté un milliard de roupies (13,7 millions d’euros). Son objectif ? Comme au Pakistan, au Bangladesh, au Sri Lanka et au Népal, comme au Brésil, au Kenya et d’ici peu au Nigeria, déployer Free Basics, une application qui offre au détenteur d’un téléphone mobile un accès gratuit à la Toile. Gratuit, mais limité à quelques dizaines de sites : celui de Facebook, bien sûr, celui également du moteur de recherche Bing de Microsoft, entreprise actionnaire de Facebook, ou bien ceux de fournisseurs de prévisions météo, d’offres d’emploi ou de conseils pour l’agriculture ; mais pas celui de YouTube, la plate-forme vidéo de son concurrent Google. Et accessible uniquement aux personnes utilisant le réseau Reliance Communications, propriété du milliardaire Mukesh Ambani, l’homme le plus riche du sous-continent.