En Amérique du Nord, le lourd tribut des ouvriers d’abattoirs

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Des dizaines d’usines de conditionnement de viande ont été des nids de contagion. Des milliers d’ouvriers sont tombés malades, plusieurs dizaines sont morts. Travailleurs essentiels, ils sont pourtant largement invisibles.

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Toronto (Canada), correspondance.– Hiep Bui était arrivée au Canada comme réfugiée après la guerre du Viêtnam. Installée avec son mari dans la province de l’Alberta, dans l’ouest du pays, elle travaillait depuis vingt-trois ans dans un abattoir. En pleine pandémie, elle a continué de travailler chaque jour dans une chambre froide à extraire les os de la viande de bœuf hachée pour hamburgers. Un vendredi d’avril, alors qu’elle était à son poste, elle est tombée malade. Elle a d’abord cru à une grippe. Deux jours plus tard, à 67 ans, elle mourait du Covid-19.